Il existe des régimes très favorables pour un retraité qui s'installe à l'étranger. La Grèce impose les revenus étrangers d'un retraité à 7 % pendant quinze ans, et c'est réel.
Mais une règle passe avant, et presque toutes les listes l'oublient.
Ce n'est pas votre nouveau pays qui décide
C'est la convention fiscale entre lui et celui qui verse votre pension.
Deux conséquences immédiates, à connaître avant de regarder la moindre destination :
Une pension du secteur public reste presque toujours imposable dans l'État qui la verse. C'est le principe de l'État de la caisse, et il ne se contourne pas en déménageant. Un ancien fonctionnaire, un militaire, un enseignant du public : sa pension reste souvent taxée chez lui, quel que soit le régime du pays d'arrivée.
Et certains pays gardent aussi leur retraite de base. L'Allemagne en est l'exemple le plus net : elle continue d'imposer sa retraite légale versée à l'étranger, et retire au passage l'abattement de base au non-résident. Un retraité allemand qui part sans rien faire est imposé dès le premier euro de la part imposable, alors qu'il ne payait rien chez lui.
Donc la première question n'est pas « quel pays », c'est « quelle pension ». Publique ou privée, de base ou complémentaire, rente ou capital : elles ne sont pas traitées pareil, et parfois pas par le même pays. Dans un même foyer, deux pensions peuvent relever de deux États différents.
Lisez l'article de votre convention consacré aux pensions avant de choisir. Deux pays voisins peuvent y être opposés, et l'écart est plus grand que tout ce qu'un régime vous offrira.
Les trois régimes qui existent vraiment
La Grèce, le plus clair
Un retraité qui transfère sa résidence fiscale en Grèce paie 7 % sur l'ensemble de ses revenus de source étrangère, pendant quinze ans.
Relisez le milieu de la phrase. Pas seulement la pension : tout. Dividendes, intérêts, loyers, plus-values, à 7 %.
Les conditions tiennent en trois lignes : ne pas avoir été résident grec cinq des six dernières années, venir d'un pays lié à la Grèce par une convention, et y vivre plus de 183 jours par an. Ce dernier point n'est pas une formalité : le régime demande d'habiter la Grèce, pas d'y avoir une adresse. La Grèce occupe le 193e rang de notre classement avec son barème ordinaire, qui monte à 44 %, mais ce n'est pas celui-là que vous paierez.
Le vrai gain n'est souvent pas la pension, qui peut rester imposable chez vous, mais tout le reste : le portefeuille, l'appartement loué, les intérêts. Voyez notre guide sur la Grèce.
L'Italie, avec une condition de plus
7 % pendant dix ans sur les revenus étrangers, à condition de s'installer dans une commune éligible du Sud et de ne pas avoir été résident italien les cinq années précédentes.
La condition supplémentaire n'est pas un détail : il faut réellement habiter là où le régime est offert. Mais elle vient de s'alléger. Le plafond de population de la commune est passé de 20 000 à 30 000 habitants le 7 avril 2026, ce qui ouvre 74 communes de plus, et ce sont les moyennes, celles qui ont un hôpital et une gare. Pour un retraité c'est exactement le détail qui décide. L'Italie a par ailleurs sa pauschale pour très grands patrimoines, qui n'a rien à voir et ne concerne pas un retraité ordinaire. Voyez notre guide.
Le Maroc, sur la part transférée
Le Maroc accorde une réduction de 80 % de l'impôt dû sur la part de pension transférée au Maroc.
La mécanique est différente des deux précédentes : ce n'est pas un taux réduit, c'est un abattement sur l'impôt, et il porte sur ce que vous rapatriez. Le Maroc est proche, francophone, et son coût de la vie est très inférieur. Voyez notre guide sur la retraite au Maroc.
Le Portugal n'est plus la réponse
C'est l'information la plus importante de cet article, parce qu'une bonne partie du web l'ignore encore.
Le statut NHR est fermé. Qui s'est installé après le 1er janvier 2024 n'y entre plus. Ceux qui l'ont obtenu avant le gardent jusqu'au bout de leurs dix ans.
Le régime qui l'a remplacé, l'IFICI, est souvent appelé « NHR 2.0 » et c'est trompeur : il est plus étroit, il vise des actifs qualifiés dans des secteurs listés, et il exclut les pensions. Un retraité qui s'installe aujourd'hui au Portugal est au barème ordinaire, qui va jusqu'à 48 %.
Si vous lisez une page qui explique comment demander le NHR, regardez sa date. Voyez ce qui reste après le NHR.
L'autre voie : la territorialité
Un pays territorial n'impose pas ce que vous gagnez ailleurs. Pour une pension étrangère, l'effet est proche d'une exonération, et il ne s'éteint pas au bout de neuf ou quinze ans.
- Panama, 33e rang, et un programme de retraités bien établi.
- Malaisie, 36e rang, avec une bonne offre médicale privée à Kuala Lumpur et Penang.
- Costa Rica, 56e rang, stable et sans armée, mais plus cher que ses voisins.
- Paraguay, 19e rang, le plus favorable du groupe, mais il faut y passer plus de 120 jours par an.
Attention : la territorialité ne vous protège pas si votre convention laisse l'imposition au pays payeur. Elle joue sur la deuxième couche, pas sur la première.
Ce qu'il ne faut pas faire
Acheter un passeport. Les programmes de citoyenneté donnent de la mobilité, pas une résidence fiscale. Ils ne changent rien à l'imposition de votre pension.
Compter sur un visa nomade. Ces visas visent des actifs, pas des retraités, et la plupart ne sont pas des exonérations.
Choisir un pays « sans impôt sur le revenu » sans regarder l'accès. Le Qatar, le Koweït ou les Bermudes n'imposent pas le revenu, et aucun n'a de voie d'entrée pour un retraité étranger. Voyez pourquoi le haut du classement n'est pas la réponse.
Et la question qui décide vraiment
La santé. C'est le premier sujet d'une retraite à l'étranger, très loin devant l'impôt : quelle couverture, à quel prix, à quelle distance d'un hôpital qui sait vous traiter, et que devient-elle à quatre-vingt-cinq ans plutôt qu'à soixante-cinq.
Nous ne publions pas cette donnée, et nous n'allons pas inventer des chiffres pour avoir l'air complet. Mais une économie d'impôt de dix points ne compense pas une évacuation sanitaire.
Le classement complet donne les 217 pays, et la page du FiScore explique le calcul.
Sources
Les régimes grec, italien et marocain sont décrits sur la fiche de chaque pays, avec leur source et leur date de vérification. Vérifié en août 2026. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. L'article « pensions » de votre convention décide plus que tout ce qui est écrit ici : faites-le lire, comme le disent nos conditions.