Le Maroc est 135e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 4,6 sur 10. Sur ses taux ordinaires, rien d'exceptionnel : un barème qui monte à 37%, une TVA à 20%.
Son intérêt est ailleurs, et il vise un profil précis : le retraité.
Le mécanisme, en deux étages
Un retraité résident fiscal marocain qui perçoit une pension de source étrangère bénéficie de deux avantages qui se cumulent.
Premier étage : un abattement forfaitaire sur le montant brut imposable de la pension. Le taux de cet abattement a changé plusieurs fois ces dernières années, et il varie selon les cas. C'est le premier point à vérifier auprès d'un conseil au moment de monter le dossier, plutôt que dans un article, celui-ci compris.
Second étage, et c'est lui qui compte : une réduction de 80% de l'impôt dû sur la part de pension transférée au Maroc.
La condition est explicite : les sommes doivent être transférées à titre définitif en dirhams non convertibles, et dépensées sur place. Le Maroc ne fait pas cadeau à qui garde son argent ailleurs, il fait cadeau à qui l'apporte et le dépense chez lui.
Le résultat, une fois les deux étages appliqués, ramène la charge à un niveau très bas pour une pension moyenne.
La condition qui décide de tout
Comme toujours pour un retraité, la convention fiscale passe avant.
La convention franco-marocaine détermine quel pays peut imposer votre pension, et certaines pensions publiques restent imposables en France quel que soit votre lieu de résidence. Dans ce cas, la réduction marocaine ne s'applique jamais à cette part.
Vérifiez ce point avant tout le reste. Il conditionne l'intérêt du dispositif, et il ne se contourne pas.
Ce que le Maroc offre par ailleurs
La résidence fiscale s'établit par un foyer permanent, un établissement principal, ou plus de 183 jours de présence.
Le coût de la vie reste très inférieur à celui de la France, en particulier hors des grandes villes et des zones touristiques.
La proximité : trois heures de vol, un décalage horaire nul ou d'une heure, et une communauté française installée de longue date.
La langue : le français est largement pratiqué dans l'administration et les affaires.
Les inconvénients
Le contrôle des changes existe. Le dirham n'est pas librement convertible, et faire ressortir de l'argent du Maroc est plus contraint qu'y en faire entrer. C'est le revers exact de l'avantage décrit plus haut : le dispositif récompense l'argent qui entre et ne facilite pas celui qui sort.
L'accès aux soins de haut niveau est bon dans les grandes villes et inégal ailleurs, ce qui compte pour un profil retraité.
L'immobilier dans les zones prisées a beaucoup monté, Marrakech et la côte en tête.
Le régime peut bouger. L'abattement a déjà été modifié plusieurs fois, et une exonération totale pour certaines pensions de base est entrée en vigueur au 1er janvier 2026.
Alors, le Maroc, pour qui ?
- Retraité avec une pension privée, prêt à vivre sur place : c'est le profil visé, et le dispositif est généreux.
- Retraité avec une pension publique : vérifiez la convention avant tout, la réponse peut être « aucun intérêt ».
- Actif ou entrepreneur : rien de spécifique dans ce dispositif. Le barème ordinaire monte à 37%.
- Quelqu'un qui veut garder ses revenus hors du pays : le mécanisme ne fonctionne pas, il repose sur le transfert.
Pour les retraités, la Grèce à 7% et Malte, qui exonère jusqu'à 37 104 €, sont les deux autres options à mettre en face.
Avant de partir, côté français
Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent les points à régler, à commencer par la convention applicable à votre pension.
Le tableau complet des taux marocains est sur notre fiche Maroc.
Sources
Chiffres et règles vérifiés en août 2026 auprès de la Direction générale des impôts marocaine et de PwC Tax Summaries. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.