Le Portugal est 186e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 3,7 sur 10. Barème jusqu'à 48%, TVA à 23% : sur le papier, rien d'attirant.
Sa réputation vient d'ailleurs, d'un régime qui a fait venir des dizaines de milliers d'expatriés pendant dix ans. Ce régime est fermé depuis le 1er janvier 2025. Beaucoup de pages qui circulent encore le présentent comme disponible. Voici l'état réel.
Ce que le Portugal prend, sans régime particulier
| Revenu imposable | Taux (barème IRS) |
|---|---|
| Première tranche | 14,5% |
| Tranche supérieure | 48% |
Entre les deux, plusieurs tranches intermédiaires. Une surtaxe de solidarité s'ajoute sur les très hauts revenus. L'impôt sur les sociétés se situe entre 15% et 19% selon la taille et le régime, et la TVA est à 23%.
Autrement dit : sans régime spécial, le Portugal est un pays européen ordinaire, un peu plus doux que la France sur les sociétés, comparable sur le revenu.
Le NHR est mort, et ce n'est pas un détail
Le statut de résident non habituel offrait pendant dix ans une exonération très large sur les revenus de source étrangère, et un taux réduit sur certaines professions portugaises. C'est lui qui a fait la réputation du pays.
Il a été supprimé au 1er janvier 2025. Les personnes qui en bénéficiaient déjà le conservent jusqu'au terme de leurs dix ans, mais plus personne n'y entre.
Si vous lisez ailleurs que le NHR est encore ouvert, la page n'a pas été mise à jour. C'est le genre d'erreur qui coûte cher quand on déménage sur cette base.
Ce qui l'a remplacé : l'IFICI, beaucoup plus étroit
Le nouveau régime s'appelle IFICI, surnommé NHR 2.0. Il offre 20% forfaitaire pendant dix ans sur les revenus portugais d'emploi et d'activité indépendante, au lieu du barème qui monte à 48%.
La différence tient en un mot : l'éligibilité. Là où le NHR accueillait large, l'IFICI vise la recherche scientifique, l'enseignement supérieur, la R&D qualifiée, la tech, et les postes dans des entreprises certifiées comme stratégiques par les organismes publics portugais.
Deux conditions fermes :
- ne pas avoir été résident fiscal portugais au cours des cinq années précédentes ;
- exercer une activité qui entre dans les catégories listées par le texte, auprès d'une entité certifiée.
Un consultant indépendant qui facture des clients étrangers, un rentier, un investisseur : hors champ. C'est un régime d'attraction de compétences, pas un régime d'expatriation fiscale.
Et les retraités ? Le régime qui exonérait les pensions étrangères n'existe plus. Pour un retraité français, le Portugal n'a aujourd'hui plus d'avantage particulier.
Les cryptomonnaies, le point où le Portugal garde une carte
Depuis le budget 2023, la règle tient en une durée :
| Durée de détention | Imposition de la plus-value |
|---|---|
| Moins de 365 jours | 28% |
| 365 jours ou plus | exonérée |
La durée se compte actif par actif, et un échange crypto contre crypto remet le compteur à zéro. Le Portugal reste donc intéressant pour qui détient longtemps, et ne l'est plus du tout pour qui arbitre souvent. Nous détaillons le sujet dans notre article sur les cryptos en Europe.
Les inconvénients
Le coût de Lisbonne et de Porto a explosé, en partie sous l'effet de l'afflux d'expatriés que le NHR avait attirés. Le calcul fiscal d'il y a cinq ans ne tient plus, celui du logement non plus.
L'administration est lente, en particulier pour les titres de séjour, avec des délais qui se comptent en mois.
Le cadre bouge. Un régime fermé en 2025 après dix ans d'existence, une fiscalité des cryptos créée en 2023 : le Portugal légifère vite. Bâtir un plan sur dix ans dans un pays qui change ses règles tous les trois ans demande de la prudence.
Alors, le Portugal, pour qui ?
- Chercheur, ingénieur, profil tech recruté par une entité certifiée : oui, l'IFICI est fait pour vous, 20% pendant dix ans.
- Détenteur de cryptos sur le long terme : oui, la règle des 365 jours est claire et généreuse.
- Retraité : non, l'avantage a disparu.
- Indépendant ou rentier : non, vous paierez le barème ordinaire, jusqu'à 48%.
Avant de partir, côté français
Quitter la France ne se décrète pas. L'article 4 B du code général des impôts retient plusieurs critères, et le centre des intérêts économiques suffit à vous garder résident français même en passant moins de 183 jours sur le territoire. S'ajoutent l'exit tax sur les participations importantes et l'imposition en France de vos revenus de source française.
Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.
Le tableau complet des taux portugais, avec les sources et la date de vérification, est sur notre fiche Portugal. Pour le mettre en face d'un autre pays, le comparateur fait le calcul.
Sources
Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de l'administration fiscale portugaise, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis au Portugal. La date de mise à jour figure en haut de l'article, et une erreur signalée est corrigée.
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