L'Italie est 186e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 3,7 sur 10. Barème jusqu'à 43%, TVA à 22%, impôt sur les sociétés à 24% : un pays européen classique, plutôt lourd.
Et pourtant elle attire depuis 2017 des fortunes venues de toute l'Europe, grâce à un régime que peu de pays osent : payer une somme fixe, et rien d'autre, sur tous ses revenus étrangers.
Le forfait pour nouveaux résidents
Le principe est d'une simplicité brutale. Vous transférez votre résidence fiscale en Italie, et vous payez un impôt substitutif forfaitaire couvrant l'intégralité de vos revenus de source étrangère. Peu importe leur montant.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Forfait annuel | 300 000 € |
| Par membre de la famille | 50 000 € |
| Durée maximale | 15 ans |
Attention à la date. Le forfait valait 100 000 € à sa création, il est passé à 200 000 €, puis à 300 000 € au 1er janvier 2026. Le nouveau montant ne vise que ceux qui transfèrent leur résidence après l'entrée en vigueur : les personnes déjà installées conservent le montant en vigueur à leur arrivée. C'est le genre de nuance que les pages non mises à jour effacent.
Vos revenus de source italienne, eux, restent imposés normalement, au barème.
Le calcul, sans détour
Trois cent mille euros par an, c'est un ticket d'entrée, pas une optimisation universelle. Le forfait devient intéressant à partir du moment où l'impôt ordinaire sur vos revenus étrangers dépasserait ce montant.
Ordre de grandeur : en France, 300 000 € d'impôt correspondent à plusieurs millions d'euros de revenus annuels. En dessous, le forfait italien coûte plus cher que le droit commun. C'est un régime pour des patrimoines très importants, et l'Italie l'assume : le relèvement de 2026 visait précisément à recentrer le dispositif vers le haut.
L'autre régime, celui des impatriés
À ne pas confondre. Le régime des impatriés est un mécanisme différent, qui accorde une exonération partielle sur les revenus de source italienne à des travailleurs qui viennent s'installer et travailler en Italie.
Il vise donc l'inverse du forfait : quelqu'un qui vient gagner sa vie en Italie, pas quelqu'un qui vient y vivre de revenus étrangers. Les conditions ont été resserrées ces dernières années, et l'éligibilité dépend du métier, du niveau de qualification et de l'engagement de rester.
Ce que l'Italie prend par ailleurs
Le barème ordinaire va de 23% à 43%, auxquels s'ajoutent des majorations régionales et communales. L'impôt sur les sociétés est à 24%, la TVA à 22%.
Il existe aussi une taxation du patrimoine détenu à l'étranger, sur l'immobilier comme sur les actifs financiers, dont le forfait dispense.
Les inconvénients
L'administration italienne est lente et formaliste. Obtenir un accord préalable sur le forfait prend du temps, et le dossier doit être solide.
Le régime a déjà changé trois fois en huit ans. Une multiplication par trois du ticket d'entrée en moins de dix ans dit quelque chose sur sa stabilité future. Le montant à votre arrivée est figé, mais rien ne garantit la survie du dispositif pour les suivants.
Il faut vraiment vivre en Italie. La résidence fiscale italienne suppose une présence réelle, et l'administration croise l'inscription au registre de la population avec le reste.
Alors, l'Italie, pour qui ?
- Patrimoine très important, revenus étrangers de plusieurs millions : le forfait est l'un des meilleurs d'Europe, et l'Italie offre en prime un cadre de vie que ni Malte ni Chypre n'égalent.
- Cadre ou spécialiste recruté en Italie : c'est le régime des impatriés qu'il faut regarder, pas le forfait.
- Revenus confortables mais pas exceptionnels : le forfait coûte plus cher que le droit commun. Regardez Chypre ou Malte.
- Retraité : rien de spécifique, contrairement à la Grèce ou au Portugal d'avant 2025.
Avant de partir, côté français
L'article 4 B du code général des impôts vous garde résident français si votre foyer ou votre centre des intérêts économiques y reste. S'ajoute l'exit tax sur les participations importantes, particulièrement pertinente ici puisque le profil visé par le forfait est précisément celui qui détient des participations significatives.
Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.
Le tableau complet des taux italiens est sur notre fiche Italie.
Sources
Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de l'Agenzia delle Entrate, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis en Italie. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.