L'Indonésie occupe le 115e rang sur 217 dans notre classement, avec un FiScore de 5,1 sur 10. Ce n'est pas un paradis fiscal, et Bali n'en est pas un non plus : le pays impose le revenu mondial de ses résidents fiscaux, exactement comme la France.
C'est le point que la plupart des guides passent vite. Voici les chiffres, et ce qu'ils déclenchent.
Le barème de l'impôt sur le revenu
| Tranche de revenu annuel | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 60 millions IDR | 5 % |
| De 60 à 250 millions IDR | 15 % |
| De 250 à 500 millions IDR | 25 % |
| De 500 millions à 5 milliards IDR | 30 % |
| Au-delà de 5 milliards IDR | 35 % |
Pour situer, 60 millions IDR représentent environ 3 400 euros par an, et 5 milliards environ 285 000 euros. La première tranche couvre donc un revenu très modeste, et un salaire d'expatrié ordinaire tombe rapidement dans les 25 ou 30 %.
Un non-résident est imposé à 20 % sur ses revenus de source indonésienne, sans barème et sans abattement.
Les 183 jours, et ce qu'ils déclenchent
Vous devenez résident fiscal indonésien si vous passez plus de 183 jours sur douze mois glissants dans le pays, ou si vous vous y installez avec l'intention d'y rester.
Ce statut a une conséquence que beaucoup découvrent trop tard : l'Indonésie impose alors votre revenu mondial, pas seulement ce que vous gagnez sur place. Le loyer d'un appartement resté en France, les dividendes d'une société européenne, une plus-value de cession : tout entre dans l'assiette indonésienne.
C'est ce qui distingue l'Indonésie des pays à fiscalité territoriale comme les Philippines ou le Paraguay, où le revenu étranger reste hors du champ.
Le KITAS fait de vous un résident
Le KITAS, permis de séjour temporaire, est la voie normale pour s'installer. Il existe en version travail, investisseur, retraite ou conjoint.
Le point à comprendre : demander un KITAS, c'est déclarer une installation. L'administration fiscale considère qu'un titulaire de KITAS a l'intention de résider, ce qui suffit à ouvrir la résidence fiscale sans attendre le 184e jour. Le compteur de jours n'est pas la seule porte d'entrée.
Le visa nomade numérique, lui, est plafonné en durée et ne conduit pas au même statut. Il n'est pas non plus une exonération : ce qui décide, c'est votre situation réelle, pas le tampon sur le passeport.
La TVA : 12 % sur le papier, 11 % à la caisse
C'est le chiffre sur lequel les guides français se contredisent, et les deux versions sont vraies.
Le taux légal est de 12 % depuis la réforme. Mais l'administration applique une assiette réduite de 11/12, un mécanisme appelé DPP Nilai Lain, qui ramène le taux effectif à 11 % sur la grande majorité des biens et services. Les 12 % ne s'appliquent réellement qu'à certains biens de luxe.
Donc : 11 % dans votre vie quotidienne, 12 % dans le texte, et 12 % réellement sur une voiture haut de gamme. Un article qui donne un seul des deux chiffres sans dire lequel il décrit vous laisse à mi-chemin.
L'impôt sur les sociétés
| Situation | Taux |
|---|---|
| Taux général | 22 % |
| Sociétés cotées remplissant les conditions, dont 40 % du capital coté | 19 % |
| Petites entreprises, chiffre d'affaires sous 50 milliards IDR | 11 %, par abattement de 50 % sur l'assiette |
Le taux réduit des petites entreprises n'est pas un taux à part : c'est le taux général appliqué à une assiette réduite de moitié.
La taxe foncière
L'Indonésie prélève une taxe foncière annuelle, le PBB, assise sur une valeur administrative du bien et perçue localement. Son taux et son assiette varient selon la province et la commune : à Bali, la valeur retenue est réévaluée régulièrement, et elle a suivi la hausse des prix.
Un point de droit qui compte davantage que le taux : un étranger ne peut pas détenir la pleine propriété d'un terrain en Indonésie. Les formules disponibles sont le droit d'usage, le bail longue durée, ou la détention par une société locale, chacune avec ses propres règles. Le régime de détention décide de la fiscalité, pas l'inverse.
Ce que la France continue de vouloir
Aucun guide concurrent ne traite ce point, et c'est pourtant celui qui coûte le plus cher.
Partir ne suffit pas à cesser d'être résident fiscal français. L'administration regarde votre foyer, le lieu de votre séjour principal, votre activité professionnelle et le centre de vos intérêts économiques. Tant qu'un seul de ces critères vous rattache à la France, elle vous considère résident, et l'Indonésie aussi : vous êtes alors imposable des deux côtés, et c'est la convention fiscale qui départage.
Deux étapes à traiter avant le départ, pas après :
- devenir non-résident fiscal de France, qui décrit ce qu'il faut réellement couper ;
- l'exit tax, si vous détenez des titres de société au-delà des seuils.
Et une fois parti, certains revenus de source française restent imposables en France : ce que la France garde après le départ.
Sources
Direction générale des impôts indonésienne (Direktorat Jenderal Pajak) pour le barème, la résidence et la TVA, recoupée avec PwC Tax Summaries pour l'Indonésie, section particuliers, société et autres impôts. Le mécanisme d'assiette réduite de la TVA est celui décrit sous Other Value as Tax Base (DPP Nilai Lain). Taux vérifiés en août 2026, date de vérification affichée sur notre fiche Indonésie.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Sur l'Indonésie, ce qui fait basculer un dossier n'est pas le barème, c'est le KITAS : il ouvre la résidence fiscale sur l'intention de s'installer, sans attendre le 184e jour, et donc l'imposition de votre revenu mondial. Réglez votre situation française avant de le demander, comme le disent nos conditions d'utilisation.