Un pays à fiscalité territoriale n'impose que ce qui est gagné chez lui. Ce que vous gagnez ailleurs est hors de son assiette : ce n'est pas une exonération qu'on demande, c'est une matière imposable qui n'existe pas.
Les listes que vous trouverez en citent sept à dix. Il y en a dix-huit, et nous avons la base d'imposition des 217 pays du classement.
D'abord, ce que territorial n'est pas
Ce n'est pas un taux à zéro. Les Émirats sont à base mondiale avec un taux de zéro. La différence paraît théorique, elle ne l'est pas : un taux se change d'un trait de plume, une assiette est une structure. Oman vient de le montrer, qui instaure un impôt sur le revenu au 1er janvier 2028, et sa base mondiale prendra alors tout, y compris ce que vous gagnez ailleurs. Un pays territorial qui créerait un impôt ne prendrait toujours que le local.
Ce n'est pas non plus « sur remise ». Sur remise, le revenu étranger n'est imposé que s'il entre dans le pays. C'est très différent : il faut bien rapatrier de quoi vivre. C'est pour ça que l'Irlande, qui offre le non-dom le plus connu d'Europe, n'est que 173e dans notre classement, et que notre score ne traite pas les deux de la même façon.
Les dix-huit, dans l'ordre
Les mieux classés : Macao 11e rang, Belize 12e rang, Hong Kong 17e rang, le Paraguay 19e rang, Singapour 26e rang, la Géorgie 31e rang, le Panama 33e rang.
Macao vient d'y entrer. Le territoire est passé à une fiscalité territoriale le 1er janvier 2026. Une réserve tout de même : pour un résident qui est entité constitutive d'un groupe multinational, les revenus étrangers restent dans le champ de l'impôt complémentaire.
Le milieu de tableau : le Botswana 35e rang, la Malaisie 36e rang, le Guatemala et les Philippines 44e rang, la Bolivie 48e rang, les Seychelles 51e rang.
Et l'Amérique centrale, qui pèse lourd dans cette liste : le Costa Rica et le Salvador 56e rang, le Honduras et le Nicaragua 64e rang, plus la Namibie 67e rang.
Dix de ces dix-huit ne figurent dans aucune liste que nous avons lue.
La règle qui démolit la moitié des conseils
Un travail effectué physiquement dans un pays y est de source locale. Même si votre client est à Paris. Même s'il paie sur un compte étranger. Même si votre société est ailleurs.
Ce qui compte, c'est où vous étiez quand vous avez travaillé.
Conséquence directe : la territorialité ne protège pas le nomade qui travaille depuis la plage. Elle protège celui dont le revenu vient réellement d'ailleurs : un investisseur, un associé passif, quelqu'un qui perçoit des droits ou des dividendes de sociétés étrangères.
L'indépendant qui code depuis Tbilissi produit du revenu de source géorgienne, et la Géorgie est territoriale. C'est exactement pour ça que son statut de petite entreprise à 1 % existe et qu'il est utile : il ne contourne pas la règle, il rend la source locale bon marché. Voyez notre article sur les indépendants.
Ce que la territorialité ne vous protège pas non plus
De votre pays d'origine. Tant que votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques y reste, c'est lui qui vous impose, et la base de votre nouveau pays n'y change rien.
Des règles sur les sociétés étrangères contrôlées. La France, l'Allemagne et beaucoup d'autres peuvent regarder à travers une société étrangère passive et vous imposer directement sur ses résultats. Une structure territoriale mal montée ne résiste pas à ça.
Du manque de substance. Panama et le Costa Rica exigent désormais une substance économique réelle pour les revenus passifs. Une coquille sans bureau, sans salarié et sans activité n'est plus tenable.
De l'exit tax. Aucun des dix-huit n'est dans l'Union ni dans l'Espace économique européen. Le sursis de paiement français n'y est de plein droit que si le pays a signé avec la France une convention d'assistance administrative et une convention d'assistance au recouvrement. Sinon : demande, représentant fiscal, garanties, et 90 jours d'avance.
Les six pays « sur remise », et pourquoi ils ne valent pas les dix-huit
Six pays n'imposent le revenu étranger que s'il est rapatrié : Malte, l'île Maurice, la Barbade, la Thaïlande, l'Irlande et le Japon.
Sur le papier c'est proche du territorial. En pratique non : il faut bien faire entrer de quoi vivre. Un régime qui vous exonère à condition de ne pas toucher à votre argent ne vous exonère pas. Notre score le traite donc autrement, et c'est pour ça que l'Irlande est 173e malgré son non-dom.
Malte est l'exception, et elle est documentée. Malte n'impose jamais une plus-value de source étrangère, même rapatriée. Ce n'est pas déduit de sa base, c'est écrit dans son régime. C'est ce qui la place 22e avec 8,4 sur 10 alors qu'elle affiche 35 % et 35 %. Le reste de ses revenus étrangers est imposé s'il est rapatrié, au barème. Voyez notre guide.
Et la Thaïlande a changé : elle impose désormais les revenus étrangers rapatriés, ce qu'une bonne partie du web décrit encore comme avant.
Alors, où ?
| Votre situation | Regardez d'abord |
|---|---|
| Vos revenus viennent vraiment d'ailleurs | Paraguay, Panama, Géorgie |
| Vous travaillez sur place | Géorgie, avec son statut à 1 % |
| Vous voulez un hub asiatique | Singapour, Hong Kong, Malaisie |
| Vous vivez de plus-values | Malte, la seule exception sur remise |
| Vous cherchez le coût de la vie | Amérique centrale, mais vérifiez la source |
Le classement complet donne les 217 pays avec la base de chacun, et la page du FiScore explique comment elle entre dans le calcul.
Sources
La base d'imposition de chaque pays est sur sa fiche, avec sa source : notre contrôle refuse une base autre que mondiale si elle n'en a pas. Toutes ne se valent pas, et nous préférons le dire : le Botswana et la Namibie viennent de PwC, Macao, le Belize, le Guatemala, la Bolivie et les Seychelles d'agrégateurs spécialisés. Vérifié en août 2026.
Cette page informe, elle ne conseille pas. La source de vos revenus se tranche sur votre situation réelle : faites-la regarder, comme le disent nos conditions.