Singapour occupe le 27e rang sur 217 dans notre classement, avec un FiScore de 8 sur 10. C'est l'une des rares places où une fiscalité basse s'accompagne d'une administration rapide et d'un droit prévisible. C'est aussi l'une des plus chères au monde à vivre.

Le barème complet

La plupart des guides français se contentent d'écrire « de 0 à 24 % ». Voici les treize tranches.

Revenu annuel imposable Taux marginal
Jusqu'à 20 000 SGD 0 %
De 20 000 à 30 000 SGD 2 %
De 30 000 à 40 000 SGD 3,5 %
De 40 000 à 80 000 SGD 7 %
De 80 000 à 120 000 SGD 11,5 %
De 120 000 à 160 000 SGD 15 %
De 160 000 à 200 000 SGD 18 %
De 200 000 à 240 000 SGD 19 %
De 240 000 à 280 000 SGD 19,5 %
De 280 000 à 320 000 SGD 20 %
De 320 000 à 500 000 SGD 22 %
De 500 000 à 1 000 000 SGD 23 %
Au-delà de 1 000 000 SGD 24 %

La progression est douce dans le bas et longue dans le haut : il faut dépasser un million de dollars singapouriens pour atteindre 24 %, là où la France plafonne bien plus tôt.

Le revenu étranger n'est pas imposé

Singapour applique une imposition territoriale. Pour un particulier, le revenu de source étrangère n'est pas imposable, y compris s'il est rapatrié : la seule exception vise le revenu étranger reçu à Singapour par l'intermédiaire d'une société de personnes locale, un cas de figure rare.

S'ajoutent deux absences qui comptent autant que les taux : pas d'impôt sur les plus-values, et pas d'impôt sur les dividendes reçus par un particulier d'une société singapourienne.

Le piège du non-résident

Un non-résident fiscal ne relève pas du barème progressif.

Ses revenus d'emploi sont imposés au plus élevé de deux calculs : un taux forfaitaire de 15 %, ou le barème résident appliqué sans les abattements. Ses autres revenus sont imposés à 24 %, tout comme les rémunérations d'administrateur.

La conséquence est contre-intuitive et coûteuse : sur un revenu moyen, un non-résident paie souvent plus qu'un résident, dont les premières tranches sont à 0, 2 et 3,5 %. Le statut de non-résident n'est pas une optimisation ici, c'est un handicap.

Sociétés et GST

L'impôt sur les sociétés est à 17 %, taux unique. Des abattements existent pour les jeunes sociétés et sur les premiers paliers de bénéfice.

La GST, la TVA locale, est à 9 % depuis 2024.

Ce que la France continue de vouloir

Singapour et la France sont liées par une convention fiscale, qui départage les deux États lorsque tous deux vous considèrent résident. Mais elle intervient après coup : elle ne vous fait pas sortir de France.

Le travail se fait avant le départ, et il porte sur ce que l'administration française regarde, le foyer, le séjour principal, l'activité et le centre des intérêts économiques. Devenir non-résident fiscal de France décrit ce qu'il faut réellement couper, et l'exit tax se déclenche au départ si vous détenez des titres.

Sources

Inland Revenue Authority of Singapore (IRAS) pour le barème et la résidence, recoupée avec PwC Tax Summaries pour Singapour, sections particuliers, société et autres impôts. Les treize tranches ont été relevées à la source le 15 août 2026 et écrites dans notre base à cette occasion : notre fiche Singapour affiche désormais le barème complet, qu'elle ne portait pas.

Cette page informe, elle ne conseille pas. À Singapour, ce qui fait basculer un dossier n'est pas le taux mais le STATUT : un non-résident paie 15 % dès le premier dollar quand un résident commence à 0, et la bascule se joue sur des critères de présence qu'il faut vérifier avant de signer un contrat, comme le disent nos conditions d'utilisation.