Pendant dix ans, la question ne se posait pas : un retraité français qui voulait le soleil et un impôt léger allait au Portugal. Le régime des résidents non habituels était fait pour lui.

Il a fermé le 1er janvier 2025. Et la Grèce, elle, a gardé le sien. La question se pose donc à nouveau, et la réponse a changé de camp.

Les chiffres, côte à côte

Portugal Grèce
Rang à notre classement 186e sur 217 191e sur 217
FiScore 3,7 sur 10 3,7 sur 10
Impôt sur le revenu 14,5 à 48% 9 à 44%
Impôt sur les sociétés 15 à 19% 22%
TVA 23% 24%

Deux pays lourds en droit commun, à égalité parfaite de FiScore. Le comparateur donne le détail. Tout se joue sur les régimes dérogatoires.

Pour un retraité, la Grèce a gagné

C'est net, et ça mérite d'être dit sans détour.

La Grèce taxe les pensions étrangères à 7%, forfaitairement, pendant quinze années fiscales. Sept pour cent sur la pension, pas sur une tranche, pas après abattement.

Le Portugal n'a plus rien d'équivalent. L'exonération des pensions étrangères est morte avec le NHR. Le régime qui l'a remplacé, l'IFICI, vise la recherche et la tech, et exclut explicitement les pensions.

Pour un retraité, ce n'est même plus une comparaison. C'est un pays qui offre quelque chose et un pays qui n'offre plus rien.

Pour un actif, ça dépend de votre métier

Portugal : l'IFICI donne 20% forfaitaire pendant dix ans sur les revenus portugais d'emploi et d'activité indépendante. Mais il faut travailler dans la recherche, l'enseignement supérieur, la R&D qualifiée, la tech, ou pour une entreprise certifiée stratégique. Et ne pas avoir été résident portugais dans les cinq années précédentes.

Grèce : un dispositif existe pour les nouveaux arrivants salariés et indépendants, avec une exonération partielle. Il est moins ciblé que l'italien mais moins généreux que ne l'était le NHR.

Un ingénieur recruté par une entreprise portugaise certifiée : Portugal. Un consultant indépendant avec des clients étrangers : ni l'un ni l'autre ne lui offre grand-chose, il paiera le barème.

Pour un gros patrimoine, la Grèce est trois fois moins chère

La Grèce propose un non-dom à 100 000 € par an, couvrant l'ensemble des revenus étrangers quel que soit leur montant. Le Portugal n'a pas d'équivalent.

À titre de repère, l'Italie demande 300 000 € pour le même mécanisme depuis 2026.

Le point que personne ne vérifie assez tôt

Pour un retraité français, tout dépend d'une chose avant même le taux : la convention fiscale applicable à votre pension.

Certaines pensions publiques restent imposables en France quel que soit votre pays de résidence. Si c'est votre cas, le 7% grec ne s'appliquera jamais à cette part, et tout le calcul s'effondre.

Vérifiez ce point en premier, avant de regarder l'immobilier.

Le verdict, par profil

  • Retraité avec une pension privée au-dessus de 37 000 € : Grèce. 7% pendant quinze ans, sans plafond de montant.
  • Retraité avec une pension privée en dessous de 37 000 € : ni l'un ni l'autre, regardez Malte, qui exonère à 100% jusqu'à 37 104 € depuis 2026.
  • Retraité avec une pension publique : vérifiez la convention avant tout, la réponse peut être « ni l'un ni l'autre ».
  • Chercheur, ingénieur, profil tech recruté sur place : Portugal, l'IFICI est fait pour vous.
  • Détenteur de cryptos sur le long terme : Portugal, la règle des 365 jours exonère au-delà d'un an.
  • Gros patrimoine : Grèce, à 100 000 €.
  • Indépendant ou rentier ordinaire : ni l'un ni l'autre. Regardez Chypre.

Nos guides complets : Portugal et Grèce.

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