Il existe de vrais régimes pour un indépendant qui part : 1 % du chiffre d'affaires en Géorgie, zéro sur le revenu étranger au Paraguay, zéro impôt sur le revenu aux Émirats.

Nous avons lu dix articles de sélection concurrents avant d'écrire celui-ci. Ils répondent tous à la même question, « où payer le moins ». Aucun ne pose les deux qui décident vraiment.

Question 1 : où êtes-vous résident fiscal ?

Ce n'est pas où vous dormez, ni ce que dit votre visa.

Un visa nomade n'est pas une résidence fiscale. C'est un titre de séjour. Il vous autorise à rester ; il ne dit rien de l'État qui vous imposera, et la plupart ne sont pas des exonérations.

Partir ne suffit pas à partir. Tant que votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques reste dans votre pays d'origine, c'est lui qui vous impose. Les 183 jours sont un déclencheur parmi d'autres, pas une porte de sortie : on peut être en dessous partout et rester résident de son pays de départ.

Et « résident nulle part » n'existe pas. C'est la construction préférée des forums, et c'est celle qui finit en redressement. Un État qui ne voit personne prendre le relais garde ce qu'il avait.

Question 2 : où votre travail est-il de source ?

Celle-là, vous ne la lirez nulle part ailleurs, et c'est la plus coûteuse.

Un travail effectué physiquement dans un pays y est de source locale. Même si votre client est à Paris, même s'il paie sur un compte étranger, même si votre société est ailleurs. Ce qui compte, c'est où vos mains étaient quand vous avez travaillé.

La conséquence est brutale pour la moitié des conseils qu'on lit : la territorialité ne protège pas le nomade qui travaille depuis la plage. Elle protège celui dont le travail est réellement exécuté ailleurs, un investisseur, un associé passif, quelqu'un qui perçoit des droits. L'indépendant qui code depuis Tbilissi produit du revenu de source géorgienne, et la Géorgie est territoriale.

C'est exactement pour ça que le statut géorgien à 1 % existe et qu'il est intéressant : il ne contourne pas le problème, il rend la source locale bon marché.

Les régimes qui tiennent vraiment

Chypre et ses 60 jours, la réponse pour qui bouge

C'est le régime le plus adapté à un vrai nomade, et un seul des dix articles lus le mentionne.

La règle chypriote des 60 jours permet d'être résident fiscal de Chypre en n'y passant que soixante jours. Les conditions : ne pas passer plus de 183 jours dans un même autre pays, avoir à Chypre une activité et un logement, possédé ou loué.

Et une condition vient de disparaître. Il fallait aussi n'être résident fiscal d'aucun autre État. Ce n'est plus le cas depuis le 1er janvier 2026 : on peut relever de la règle des 60 jours tout en étant considéré résident ailleurs, et laisser les conventions départager.

Le statut de non-domicilié qui va avec exonère dividendes et intérêts étrangers pendant dix-sept ans. Attention à ce que ça ne couvre pas : les salaires restent au barème, jusqu'à 35 %, et la cotisation santé GESY reste due, 2,65 % plafonnés. Voyez notre guide sur Chypre.

Les pays à 1 %, et ce qu'ils ne couvrent pas

La Géorgie, 31e rang. Statut de petite entreprise à 1 % du chiffre d'affaires jusqu'à 500 000 GEL, environ 165 000 €, puis 3 % au-delà. Dépassez deux années de suite et le statut est retiré. Voyez notre guide.

La Roumanie, 62e rang. Micro-entreprise à 1 % du chiffre d'affaires, pour une société employant au moins une personne. Le plafond est tombé de 250 000 € à 100 000 € en 2026, et le taux de 3 % est supprimé. Au-delà du plafond, on passe à 16 % sur les bénéfices dès le trimestre du dépassement.

Dans les deux cas, le 1 % est un impôt sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice, et il ne comprend ni l'impôt sur les dividendes que vous vous versez, ni les cotisations sociales. Les présentations à 1 % oublient les deux avec une régularité remarquable.

La territorialité, pour qui ne travaille pas sur place

Le Paraguay, 19e rang, 8,5 sur 10. Le mieux placé du groupe. Il faut y passer plus de 120 jours par an.

Le Panama, 33e rang, et le Costa Rica, 56e rang. Plus chers, mieux équipés, et des programmes de résidence rodés.

La Malaisie, 36e rang. Territoriale, bonne infrastructure, Kuala Lumpur et Penang.

Souvenez-vous de la question 2 : la territorialité joue sur ce qui est de source étrangère. Le travail que vous exécutez sur place n'en est pas.

Les Émirats, la référence, et son prix

Les Émirats, 14e rang, 8,9 sur 10. Aucun impôt sur le revenu des personnes, 9 % sur les bénéfices au-delà de 375 000 AED.

Le prix n'est pas fiscal : il faut y vivre vraiment, et le coût de la vie à Dubaï annule le gain en dessous d'un certain revenu. Voyez notre guide.

La question que presque personne ne traite : les cotisations

Sur les dix articles lus, un seul parle de cotisations sociales. Pour un indépendant, c'est pourtant souvent le poste le plus lourd, devant l'impôt.

Trois choses à savoir :

  • Une structure restée active dans votre pays d'origine continue de cotiser. Une micro-entreprise ou une société toujours immatriculée en France reste dans le système français, que vous soyez à Bali ou pas.
  • Une double cotisation est possible. Les conventions de sécurité sociale ne couvrent pas tous les pays, et elles ne se confondent pas avec les conventions fiscales : deux traités différents, deux périmètres différents.
  • Un régime fiscal léger ne dit rien du régime social. Le 1 % géorgien est un impôt. Il ne vous affilie à rien.

Nous ne publions pas de montants par pays : ils dépendent de votre statut autant que de votre destination, et nous n'inventerons pas de chiffres pour avoir l'air complet. Mais posez la question avant de partir, pas après.

Ce qui ne marche pas

La société boîte aux lettres. Une structure sans bureau, sans salarié et sans présence réelle ne tient plus nulle part. Les administrations regardent la substance, et l'échange automatique d'informations leur donne de quoi la vérifier.

Bali et la Thaïlande pour la fiscalité. L'Indonésie est 116e sur 217 et impose le revenu mondial jusqu'à 35 %. La Thaïlande est 93e sur 217 et impose désormais les revenus étrangers rapatriés. Ce sont d'excellentes destinations de coût de la vie et de qualité de vie. Les classer comme destinations fiscales est l'erreur la plus répandue de tout ce que nous avons lu.

Compter sur un statut sans le tenir. Le 1 % géorgien demande une immatriculation et une déclaration. Les 60 jours chypriotes demandent un logement et une activité sur place. Un régime qu'on ne tient pas est un régime qu'on n'a pas.

Alors, quel pays ?

Votre situation Regardez d'abord
Vous bougez sans rester nulle part Chypre, règle des 60 jours
Vous vous posez et vous facturez du service Géorgie, Roumanie
Vos revenus sont vraiment de source étrangère Paraguay, Panama, Malaisie
Vous voulez des services et un vrai hub Émirats, Singapour
Vous voulez rester dans l'Union Chypre, Bulgarie, Roumanie

Le classement complet donne les 217 pays, et la page du FiScore explique le calcul. Voyez aussi les meilleurs pays pour s'expatrier, qui reprend la question de plus haut.

Sources

Les régimes chypriote, géorgien et roumain sont décrits sur la fiche de chaque pays, avec leur source et leur date de vérification. Vérifié en août 2026. Une erreur signalée est corrigée.

Cette page informe, elle ne conseille pas. La question de la source de vos revenus se tranche sur votre situation réelle, pas sur un article : faites-la regarder, comme le disent nos conditions.