Les Pays-Bas sont 208e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 3,2 sur 10. Le barème monte à 49,5%, la TVA est à 21%, et rien là-dedans n'explique pourquoi tant de cadres étrangers y travaillent.
L'explication tient en un dispositif, et il change en 2027.
Ce que fait le ruling
Un employeur peut verser une partie du salaire d'un employé recruté à l'étranger en franchise totale d'impôt, à titre de compensation forfaitaire des frais d'expatriation.
Aucun justificatif n'est demandé. C'est un pourcentage, pas un remboursement de notes de frais.
| Année | Part exonérée |
|---|---|
| 2024, 2025, 2026 | 30% |
| À partir de 2027 | 27% |
Le passage à 27% s'applique à tout le monde, y compris à ceux qui sont déjà dans le dispositif depuis 2024. Une seule exception : les bénéficiaires antérieurs au 1er janvier 2024 gardent 30% jusqu'au bout de leurs cinq ans.
Ce que ça donne réellement
Sur un salaire brut de 100 000 €, 30% sont versés hors impôt. Les 70 000 € restants sont imposés au barème. Le taux effectif tombe donc d'environ un tiers, sans aucun montage et sans changer de pays.
C'est l'un des rares avantages fiscaux européens qui se règle entre l'employeur et l'administration, pas par le salarié.
Les conditions, qui se sont durcies
La durée est de cinq ans. Elle était de dix jusqu'en 2024. C'est la coupe la plus brutale qu'ait connue le dispositif, et elle a fait beaucoup de bruit aux Pays-Bas.
Il faut un salaire minimum, apprécié après l'abattement. En 2026, 48 013 € de salaire imposable, ramenés à 36 497 € pour les moins de trente ans titulaires d'un master. En 2027, ces seuils passent à 50 436 € et 38 388 €.
L'avantage est plafonné à la norme dite WNT, 262 000 € en 2026. Au-delà, la part exonérée ne monte plus.
Il faut avoir été recruté depuis l'étranger et avoir vécu à plus de 150 kilomètres de la frontière néerlandaise pendant au moins seize des vingt-quatre mois précédant l'embauche. Un Belge frontalier n'y a pas droit, un Français de Lille non plus.
Le morceau qui a disparu et dont on parle peu
Jusqu'en 2024, le bénéficiaire du ruling pouvait cocher la « partiële buitenlandse belastingplicht », une option qui le traitait comme non-résident pour les cases 2 et 3 de la déclaration néerlandaise, c'est-à-dire pour les participations substantielles et pour le patrimoine.
Concrètement, la fortune mobilière détenue hors des Pays-Bas échappait à l'impôt néerlandais.
Cette option est supprimée depuis le 1er janvier 2025, avec une transition jusqu'à fin 2026 pour ceux qui en bénéficiaient avant 2024.
C'est la moitié cachée de la réforme. Pour un salarié, le ruling reste très intéressant. Pour quelqu'un qui a du patrimoine, les Pays-Bas viennent de perdre l'essentiel de leur intérêt, et la fameuse case 3 néerlandaise, qui impose un rendement forfaitaire sur le patrimoine, s'applique désormais pleinement.
Alors, les Pays-Bas, pour qui ?
- Un salarié qualifié, recruté depuis l'étranger, sur cinq ans : excellent, et sans aucune démarche compliquée.
- Moins de trente ans avec un master : le seuil abaissé rend le dispositif accessible tôt dans une carrière.
- Quelqu'un qui a du patrimoine : la suppression de l'option non-résident change tout. Regardez plutôt le Portugal, l'Irlande ou l'Italie.
- Un indépendant : le ruling est un dispositif d'employeur. Sans contrat de travail néerlandais, il n'existe pas.
Avant de partir, côté français
Le ruling ne dit rien de votre situation française. L'article 4 B du code général des impôts vous garde résident si votre foyer y reste, et les Pays-Bas sont assez proches pour que la question se pose vraiment. Voir devenir non-résident.
Le tableau complet est sur notre fiche Pays-Bas.
Sources
Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de business.gov.nl, du gouvernement néerlandais et de cabinets néerlandais publiant les seuils annuels. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.