L'Irlande est 172e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 4 sur 10. Un barème qui atteint 52% en marginal cumulé, une TVA à 23% : pour un salarié, c'est un pays lourdement taxé, plus lourd que la France sur bien des tranches.
Et pourtant elle héberge les sièges européens de la moitié de la tech américaine, et elle possède un régime que le Royaume-Uni vient de supprimer.
Deux Irlande, selon qui vous êtes
| Impôt | Taux |
|---|---|
| Revenu des personnes | 20 à 52% en marginal cumulé |
| Sociétés | 12,5% |
| TVA | 23% |
Douze et demi pour cent sur les sociétés, c'est ce qui a construit l'économie irlandaise depuis trente ans. Cinquante-deux pour cent en marginal sur le revenu, c'est ce que paie celui qui y travaille.
Le pays est donc excellent pour les entreprises et sévère pour les personnes. Sauf si vous entrez par la bonne porte.
Le non-dom irlandais, le dernier de son espèce dans l'Union
C'est le point que peu de pages françaises traitent, et il vient de prendre une importance considérable.
Une personne résidente fiscale irlandaise mais non domiciliée en Irlande est imposée sur ses revenus irlandais, et sur ses revenus étrangers uniquement s'ils sont rapatriés en Irlande. C'est la base de remise, comme à Malte ou à Chypre.
Ce qui rend l'Irlande unique, ce sont les deux choses qu'elle n'impose pas :
- aucune limite de durée. Chypre coupe au bout de 17 ans, Malte impose un plancher annuel, l'Italie et la Grèce vendent leur forfait à l'année. Le non-dom irlandais n'a pas d'horloge, tant que vous conservez un lien personnel et pratique réel avec votre pays de domicile.
- aucun forfait annuel. L'Irlande n'a pas copié la taxe d'accès que le Royaume-Uni faisait payer.
Les plus-values étrangères d'un non-dom suivent la même logique de remise.
Le Royaume-Uni a supprimé son propre régime non-dom en avril 2025. L'Irlande a gardé le sien, à quelques kilomètres, dans la même langue et dans l'Union européenne.
Ce qu'il faut comprendre avant de s'enthousiasmer
Le domicile n'est pas la résidence. C'est une notion de droit anglo-saxon, héritée à la naissance, qui suppose de démontrer un rattachement durable ailleurs. Un Français qui coupe tous ses liens avec la France pendant vingt ans pourrait voir son domicile irlandais présumé.
La remise est large. Payer ses dépenses irlandaises avec une carte adossée à un compte étranger, c'est rapatrier.
Les revenus irlandais restent au barème, jusqu'à 52%. Le régime protège ce qui vient d'ailleurs, pas ce que vous gagnez sur place.
Les inconvénients
Dublin est très chère et le logement y est en crise, avec des loyers au niveau de Paris pour une offre nettement inférieure.
Le coût de la vie général est élevé, l'un des plus élevés de la zone euro.
Le climat, qu'il faut mentionner parce qu'il fait partir des gens.
Le 12,5% est sous pression, avec l'impôt minimum mondial de 15% qui s'applique aux grands groupes.
Alors, l'Irlande, pour qui ?
- Personne vivant de revenus étrangers non rapatriés : c'est aujourd'hui le meilleur non-dom de l'Union, parce qu'il n'a ni horloge ni forfait.
- Entrepreneur qui monte une société européenne : 12,5% et un écosystème réel.
- Salarié irlandais : aucun avantage, vous payez jusqu'à 52%.
- Britannique cherchant un remplacement à son ancien non-dom : c'est l'option la plus proche, dans tous les sens du terme.
Avant de partir, côté français
L'article 4 B du CGI et la convention franco-irlandaise décident ensemble. Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent les points à régler.
Le tableau complet des taux irlandais est sur notre fiche Irlande.
Sources
Chiffres et règles vérifiés en août 2026 auprès des Revenue Commissioners irlandais, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis à Dublin. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.