La Géorgie occupe le 31e rang sur 217 de notre classement mondial, avec un FiScore de 7,6 sur 10. Ce rang tient déjà compte de la règle territoriale : le revenu de source étrangère d'un résident est simplement hors de l'assiette géorgienne. Pour le bon profil, c'est l'un des endroits les moins chers du monde où être imposé, et l'un des plus faciles où s'installer.

C'est aussi le pays sur lequel les conseils les plus assurés d'internet sont faux. Commençons par ce qui est vrai.

Les chiffres

Impôt Taux
Revenu de source géorgienne 20%, taux unique
Revenu de source étrangère (personnes physiques) hors assiette
Dividendes et intérêts 5%
TVA 18%

Pas de barème progressif, pas de surtaxe, pas d'impôt sur la fortune.

Le régime à 1%, et ce qu'il couvre vraiment

C'est ce qui attire. Un entrepreneur individuel peut demander le statut de petite entreprise et payer 1% de son chiffre d'affaires au lieu de 20% de son bénéfice.

Chiffre d'affaires annuel Taux
Jusqu'à 500 000 GEL 1%
Au-delà du seuil 3%
Sous 30 000 GEL, sans salarié 0% (micro-entreprise)

Cinq cent mille laris font environ 165 000 €, ce qui couvre la grande majorité des indépendants et des petits cabinets. L'enregistrement est rapide, la comptabilité légère, et le dispositif est parfaitement légitime : c'est un régime publié, pas une faille.

Si le nom vous dit quelque chose, c'est normal : la micro-entreprise roumaine fonctionne sur le même principe, à l'intérieur de l'Union européenne cette fois.

Certaines activités sont exclues du statut, par une liste fixée par décret et remaniée régulièrement. Vérifiez-la contre votre propre métier avant de construire quoi que ce soit dessus.

Le piège que presque tous les guides répètent

Voilà la partie qui compte plus que le 1%.

On lit « imposition territoriale, les revenus étrangers sont exonérés » et on en conclut que facturer un client à Berlin depuis un appartement de Tbilissi produit un revenu de source étrangère. Non.

Un travail effectué physiquement en Géorgie est un revenu de source géorgienne, quel que soit le client et quel que soit le compte qui reçoit l'argent. Un client étranger ne rend pas le revenu étranger ; un compte bancaire étranger non plus. Ce qui compte, c'est l'endroit où vous étiez assis pendant que vous travailliez.

C'est l'erreur la plus répandue sur la Géorgie, et elle est répétée avec aplomb sur des dizaines de blogs. En pratique, la conséquence est souvent bénigne : ce revenu géorgien est de toute façon à 1% sous le statut de petite entreprise. Elle devient coûteuse pour celui qui ne s'est pas enregistré, persuadé d'être hors du système.

Y aller est vraiment simple

Les ressortissants d'une longue liste de pays, dont tous les États membres de l'Union européenne, peuvent entrer en Géorgie et y rester un an sans visa. Pas de sponsor, pas d'investissement minimum, pas d'avocat. Un citoyen de l'Union peut même entrer avec sa seule carte d'identité nationale.

Ce seul fait explique une bonne part de la popularité du pays. Vous pouvez arriver, l'essayer quelques mois et décider ensuite, ce que Malte, les Émirats ou la Suisse ne permettent pas.

La résidence fiscale, elle, suit la logique habituelle des 183 jours.

Si vous êtes français

Bonne nouvelle d'abord : contrairement aux Américains, qui n'ont aucune convention avec la Géorgie, la France en a une. Signée à Paris le 7 mars 2007, en vigueur depuis le 1er juin 2010, elle règle les cas de double imposition et désigne un seul État de résidence quand les deux vous réclament.

Mauvaise nouvelle ensuite, et c'est la seule qui compte vraiment : cette convention ne vous fait pas sortir de France tout seul. Elle arbitre un conflit de résidence, elle ne le prévient pas. Tant que vous gardez en France votre foyer, votre famille ou le centre de vos intérêts économiques, l'administration française vous considère comme résident, et le 1% géorgien ne vous protège de rien.

Le vrai travail est donc du côté du départ, pas de l'arrivée. Deux lectures avant d'acheter un billet :

Les inconvénients

La banque est la vraie friction. Les banques géorgiennes sont devenues prudentes avec les non-résidents, et les virements internationaux peuvent susciter des questions. Anticipez-le plutôt que de le découvrir.

La géographie est un facteur de risque. La Géorgie a une frontière avec la Russie et des territoires occupés à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Ce n'est pas une abstraction, et cela a sa place dans une évaluation honnête.

La politique est agitée, avec des manifestations durables et des tensions autour de la trajectoire européenne du pays. Rien de tout cela ne change le code des impôts demain, mais cela compte dans un plan à dix ans.

Un statut à 1% attire l'attention. Une structure qui paie 1% est exactement ce que votre ancienne administration fiscale regardera de plus près. Ce qui la fait tenir, c'est la substance, la présence réelle et des papiers honnêtes.

Alors, la Géorgie, pour qui ?

  • Un indépendant ou un petit cabinet sous le seuil : le meilleur régime à 1% disponible où que ce soit, dans un pays où l'on peut s'installer la semaine prochaine.
  • Quelqu'un qui veut essayer avant de s'engager : imbattable, grâce à l'année sans visa.
  • Une société un peu grosse, ou un groupe : nettement moins évident. Regardez les règles applicables aux sociétés plutôt que celles des personnes.
  • Qui a besoin d'une banque solide et fluide : réfléchissez à deux fois.

Le tableau complet des taux géorgiens est sur notre fiche Géorgie, et le comparateur la met en face de n'importe quel autre pays.

Sources

Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de PwC Tax Summaries, du BOFiP pour la convention franco-géorgienne et du texte de l'ordonnance gouvernementale n° 255 pour le séjour sans visa. Une erreur qu'on nous signale est corrigée.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant de décider quoi que ce soit, parlez à un professionnel qui regardera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.