Les Émirats arabes unis sont 11e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 8,9 sur 10. C'est l'une des dix fiscalités les plus légères de la planète, et la première d'entre elles qui soit un vrai pays où l'on peut travailler.
Mais l'image d'Épinal du « zéro impôt » a vécu. Depuis 2023, les Émirats prélèvent un impôt sur les sociétés. Voici ce qui reste vrai, et ce qui ne l'est plus.
Ce qui reste vrai : pas d'impôt sur le revenu
Il n'y a pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques aux Émirats. Ni sur les salaires, ni sur les plus-values, ni sur les successions. Ce point n'a pas changé et ne semble pas près de changer.
Pour un salarié ou un dirigeant qui se verse une rémunération, c'est aussi simple que ça : ce que vous gagnez, vous le gardez.
Ce qui a changé : 9% sur les sociétés depuis 2023
Pour les exercices ouverts à compter du 1er juin 2023, un impôt sur les sociétés s'applique :
| Bénéfice imposable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 375 000 AED | 0% |
| Au-delà de 375 000 AED | 9% |
Neuf pour cent reste très bas à l'échelle mondiale. Mais la page que vous lisiez en 2022, qui annonçait zéro, est fausse aujourd'hui.
Les zones franches, et la vraie condition
Une société installée en zone franche peut rester à 0%, à condition d'être qualifiée de Qualifying Free Zone Person et de tirer ses revenus d'activités qualifiées. Le reste de ses revenus passe à 9%.
Ce n'est donc pas un interrupteur : c'est un statut à tenir, avec des conditions de substance et d'activité. Une société de zone franche qui facture des clients du marché intérieur émirien sort du régime pour cette part.
Ce qui a disparu : le partenaire local à 51%
Longtemps, un étranger qui montait une société hors zone franche devait s'associer à un ressortissant émirien détenant 51% des parts. C'était le principal frein psychologique à l'installation.
Cette obligation a été abrogée le 1er juin 2021. La détention étrangère à 100% est désormais possible sur la quasi-totalité des activités hors zone franche. Là encore, beaucoup de pages n'ont pas été mises à jour.
Devenir résident, et le prouver
La résidence s'obtient par un visa lié à un emploi, à une société, ou par le golden visa, un titre de dix ans renouvelable accessible notamment à partir de 2 millions d'AED investis dans l'immobilier ou dans un fonds agréé.
Le point qui compte pour votre pays d'origine, c'est le certificat de résidence fiscale, délivré par le ministère des Finances à partir de 183 jours de présence. C'est ce document qui vous permet d'invoquer la convention fiscale et d'opposer votre résidence émirienne à une administration qui la contesterait.
Les inconvénients
La substance n'est pas optionnelle. Une société émirienne dirigée depuis un salon parisien reste une société française aux yeux de l'administration, qui invoquera l'établissement stable ou l'abus de droit. Direction effective sur place, décisions prises sur place, moyens réels.
Le coût de la vie est élevé. Logement, scolarité, assurance santé privée : Dubaï coûte cher, et la fiscalité nulle se rattrape en partie sur le budget.
Les banques sont sélectives et lentes. L'ouverture d'un compte d'entreprise se compte en semaines, avec un dossier de justification de l'origine des fonds nourri.
La TVA existe, à 5%, plus des accises sur le tabac et les boissons sucrées.
Le climat et le mode de vie ne conviennent pas à tout le monde, et c'est souvent ce qui décide, pas le taux.
Alors, Dubaï, pour qui ?
- Entrepreneur avec une activité réellement déplaçable : c'est le meilleur profil du monde, à condition de déménager pour de vrai.
- Salarié bien payé d'une entreprise locale : oui, sans nuance. Zéro impôt sur le revenu.
- Rentier : oui sur le principe, mais l'intérêt dépend surtout de ce que votre pays d'origine continue de vous réclamer.
- Quelqu'un qui veut garder sa vie en France : non. Sans présence réelle, le montage ne tient pas.
Avant de partir, côté français
Quitter la France ne se décrète pas : l'article 4 B du code général des impôts vous garde résident si votre foyer ou votre centre des intérêts économiques y reste. La convention franco-émirienne tranche ensuite, mais après un contrôle. S'ajoute l'exit tax sur les participations importantes.
Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.
Le tableau complet des taux émiriens est sur notre fiche Émirats arabes unis, et le comparateur les met en face d'un autre pays.
Sources
Chiffres vérifiés en août 2026 auprès du portail officiel du gouvernement des Émirats et de PwC Tax Summaries. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.