L'Uruguay occupe le 66e rang sur 217 de notre classement mondial, avec un FiScore de 6,5 sur 10. Sur ses taux ordinaires, c'est un pays sud-américain sans particularité : un barème qui monte à 36%, un impôt sur les sociétés à 25%.

Sa place ici tient à tout autre chose, et cette chose a été réécrite le 1er janvier 2026.

Le congé fiscal, et ce qui vient de changer

Depuis 2020, l'Uruguay offre aux nouveaux résidents fiscaux un congé sur les revenus de source étrangère, d'une durée de onze ans. On acquiert la résidence, et le revenu étranger reste hors de l'assiette uruguayenne pendant plus d'une décennie.

La loi 20.446, budget national 2025-2029, en a réécrit les conditions au 1er janvier 2026. Il existe désormais trois voies d'entrée :

Voie Condition
Présence plus de 183 jours par an, aucun investissement exigé
Immobilier environ 2 millions de dollars, en forte hausse
Fonds d'innovation 100 000 dollars par an pendant onze années consécutives

La voie immobilière a beaucoup bougé : elle demandait moins de 600 000 dollars avec 60 jours de présence. Toute page écrite avant 2026 vous donnera un chiffre périmé.

Hors régime, les revenus de capital de source étrangère sont désormais imposés à 12%.

Le congé ne s'arrête pas d'un coup

Voilà ce que la plupart des pages oublient, y compris la nôtre en anglais jusqu'à aujourd'hui.

Après les onze années viennent cinq années supplémentaires à 6%, soit la moitié du taux normal. L'horizon réel est donc de seize ans, pas onze, et les cinq dernières restent plus douces que la quasi-totalité de l'Europe.

C'est une différence considérable quand on compare l'Uruguay à un régime de dix ans qui, lui, tombe d'un coup.

La voie qui ne coûte rien

La voie par la présence est la plus intéressante, et elle se perd dans le bruit qui entoure les seuils d'investissement.

Passer plus de 183 jours par an en Uruguay ne demande aucun capital, et ouvre le même congé. Pour qui accepte réellement d'y vivre, l'Uruguay est l'une des propositions les plus généreuses qui existent : rien sur les revenus étrangers pendant onze ans, dans une démocratie stable au climat européen.

Les voies par investissement existent pour ceux qui ne veulent pas y passer ce temps. Elles sont tarifées en conséquence.

Si vous êtes français, un point pèse plus que le reste

Il n'existe aucune convention fiscale entre la France et l'Uruguay. Vérifié sur la liste officielle de l'administration française, où l'Uruguay ne figure pas, pas plus que le Paraguay ou le Costa Rica.

Cela veut dire trois choses concrètes :

  • aucun arbitrage en cas de double résidence. Quand deux pays vous réclament, une convention désigne un vainqueur. Sans convention, chacun applique son droit interne, et vous pouvez être résident des deux à la fois ;
  • aucun mécanisme conventionnel contre la double imposition. Il reste le droit interne français, plus étroit ;
  • un certificat uruguayen ne s'oppose à rien face à l'administration française.

Le congé uruguayen est réel, mais il vous exonère en Uruguay. Ce qui vous exonère en France, c'est d'avoir quitté la France pour de bon : devenir non-résident fiscal, et l'exit tax si vous détenez des titres.

C'est d'ailleurs ce qui rend la voie par la présence plus solide que les voies par investissement : passer plus de 183 jours par an sur place, c'est précisément ce qui rend un départ crédible.

Pourquoi l'Uruguay

La stabilité. L'Uruguay a le meilleur bilan démocratique et institutionnel d'Amérique du Sud, une corruption faible à l'échelle régionale, et une tradition de discrétion bancaire depuis alignée sur les standards internationaux.

La qualité de vie. Montevideo et Punta del Este offrent un niveau de vie plus proche du sud de l'Europe que du reste du continent, avec peu d'habitants sur un grand territoire.

Le fuseau horaire. Bien placé pour travailler avec l'Europe et les Amériques.

Les inconvénients

C'est cher pour la région. L'Uruguay n'est pas un pays bon marché : les coûts sont plus proches du Portugal que du Paraguay voisin.

Les règles viennent de bouger. Un régime réécrit dans sa sixième année peut l'être encore. Un congé fiscal est généreux, ce n'est pas un contrat.

La distance. Vols longs depuis l'Europe, et Montevideo n'est pas un hub.

Alors, l'Uruguay, pour qui ?

  • Qui accepte d'y vivre vraiment : la voie par la présence est l'une des meilleures affaires du monde, et elle rend le départ de France crédible par la même occasion.
  • Un patrimoine important cherchant la stabilité : la voie immobilière à 2 millions se défend, si la stabilité vaut ce prix.
  • Qui veut un statut sans y vivre : sans convention avec la France, c'est le plus mauvais des plans.
  • Qui cherche le pas cher : regardez le Paraguay juste à côté, avec ses propres réserves.

Le tableau complet des taux est sur notre fiche Uruguay, et le comparateur la met en face de n'importe quel autre pays.

Sources

Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de cabinets établis à Montevideo pour la loi 20.446 et la suite du congé à 6%. L'absence de convention fiscale a été vérifiée sur la liste publiée par l'administration française.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant de décider quoi que ce soit, parlez à un professionnel qui regardera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.