Le Paraguay occupe le 19e rang sur 217 de notre classement mondial, avec un FiScore de 8,5 sur 10. C'est l'une des fiscalités les plus légères du monde, et presque personne n'en parle.
C'est aussi le pays sur lequel une affirmation très arrangeante circule partout sans que quiconque la vérifie. On y vient, mais commençons par ce qui est solide.
Les chiffres
| Impôt | Taux |
|---|---|
| Revenu de source paraguayenne | 8%, puis 9%, puis 10% |
| Revenu de source étrangère | hors assiette |
| Sociétés (IRE) | 10% |
| TVA | 10% |
Le Paraguay est strictement territorial : un revenu né hors du pays est hors de l'assiette. Pas exonéré sous condition, pas imposé à la remise. Dehors.
Sur les revenus paraguayens, le barème compte trois tranches, et surtout rien du tout en dessous de 80 millions de guaranis de recettes brutes dans l'année, soit environ 11 500 €. Les plus-values sont à 8%. Pas d'impôt sur la fortune, pas de droits de succession.
Vous lirez encore « 10% partout » sur la plupart des pages consacrées au Paraguay. C'était le régime de la loi 2421/2004, remplacé par la loi 6380/2019 au 1er janvier 2020.
Le chiffre que les brochures oublient
Le « Paraguay à 10% » est un taux de société, pas un taux de sortie.
Sortir le bénéfice déclenche l'IDU, l'impôt sur les dividendes : 8% si l'associé est résident paraguayen, 15% s'il ne l'est pas. Sur 100 de bénéfice, il reste donc 82,8 dans la poche d'un associé résident, et 76,5 dans celle d'un associé étranger.
Ça reste très bas. Mais ce n'est pas 10%, et c'est la différence entre un plan qui tient et un plan écrit d'après une plaquette.
La question des jours : un point contesté, et personne ne le dit
Toutes les pages sur le Paraguay racontent la même chose : aucune durée de séjour minimale, la résidence fiscale s'établit administrativement par la résidence légale, la cédula et un numéro RUC auprès du fisc.
C'est peut-être exact. Mais ce n'est pas ce que dit la source neutre la plus citée.
| Source | Ce qu'elle dit |
|---|---|
| PwC Tax Summaries | « Une personne est réputée résidente fiscale au Paraguay si elle y passe plus de 120 jours dans l'année » |
| Les cabinets qui vendent la résidence | Ces 120 jours concernent le domicile au sens de l'article 152 de la loi 125/1991, pas la résidence fiscale ; le certificat suit la résolution générale 65/2020 |
Les deux lectures se défendent. PwC énonce la règle sans citer le texte sur lequel elle repose. Les cabinets citent des textes précis, et ils vendent aussi le service, ce qui est un intérêt commercial direct à la réponse qu'ils donnent.
Nous n'allons pas retenir la version flatteuse parce qu'elle se lit mieux. Faites-le confirmer par écrit, par un conseil paraguayen que vous payez pour un avis et non pour un dossier de résidence, avant de déplacer une vie dessus. Si c'est la lecture des 120 jours qui est la bonne, un plan bâti sur « aucun séjour minimum » s'écroule.
Si vous êtes français, l'essentiel est ailleurs
Voilà le point qui pèse le plus lourd, et il n'a rien à voir avec les taux.
Il n'existe aucune convention fiscale entre la France et le Paraguay. Aucune. Là où la Géorgie en a une depuis 2010, le Paraguay n'en a jamais signé avec nous.
Concrètement, cela veut dire trois choses :
- aucun arbitrage en cas de double résidence. Quand deux pays vous réclament, une convention désigne un vainqueur au moyen d'une série de critères. Sans convention, chacun applique son droit interne, et vous pouvez être résident des deux à la fois, imposé des deux côtés ;
- aucun mécanisme conventionnel pour effacer la double imposition. Il reste le droit interne français, plus étroit ;
- un certificat paraguayen ne s'oppose à rien. L'administration française n'a aucune obligation conventionnelle de le prendre en compte.
Autrement dit, le Paraguay ne vous sort pas de France : c'est votre départ de France qui vous en sort, et lui seul. Deux lectures avant d'acheter un billet :
- devenir non-résident fiscal, parce que les 183 jours ne suffisent pas ;
- l'exit tax, si vous détenez des titres de société.
Le piège de fond
Un certificat de résidence fiscale est une feuille de papier. Ce qui décide de votre impôt, c'est de savoir si le pays que vous quittez accepte que vous soyez parti.
Si vous passez huit mois par an en France avec une cédula paraguayenne en poche, vous êtes résident fiscal français avec un document intéressant. Le Paraguay n'exige peut-être pas votre présence ; votre pays d'origine, lui, exige votre absence. Ce sont deux questions distinctes, et une seule des deux coûte de l'argent.
Le Paraguay fonctionne comme une vraie base, ou comme un pied dans une vie répartie sur plusieurs pays sans centre nulle part. Il ne fonctionne pas comme une adresse sur un papier pendant que la vie reste où elle était.
Les inconvénients
Ce n'est pas une destination que l'on connaît. Les infrastructures, la santé et les écoles internationales sont nettement en dessous de ce qu'on trouve au Portugal ou aux Émirats, et Asuncion est loin de tout.
La banque est rudimentaire. Les banques locales fonctionnent, mais opérer à l'international depuis une base paraguayenne est plus difficile que depuis l'Union européenne ou le Golfe.
L'espagnol n'est pas optionnel. Le guarani et l'espagnol sont les langues de la vie quotidienne, et l'anglais ne vous mènera pas loin.
La décote de réputation est réelle. Un certificat de résidence fiscale paraguayen présenté à une banque ou à une administration européenne suscite plus de questions qu'un portugais.
Alors, le Paraguay, pour qui ?
- Quelqu'un de réellement nomade, qu'aucun pays ne revendique : c'est proche de l'idéal, à condition d'avoir tiré au clair la question des jours.
- Un entrepreneur indépendant du lieu qui veut un système simple, bon marché et stable : 8 à 10% sur le local, rien sur l'étranger.
- Quelqu'un qui veut continuer à vivre en France : non. Le certificat ne vous sauvera pas, et l'absence de convention aggrave le problème au lieu de l'atténuer.
- Une famille qui a besoin d'écoles et de soins de premier plan : regardez ailleurs, ou préparez le sujet sérieusement.
Le tableau complet des taux paraguayens est sur notre fiche Paraguay, et le comparateur la met en face de n'importe quel autre pays.
Sources
Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de PwC Tax Summaries. L'absence de convention fiscale a été vérifiée sur la liste des conventions publiée par l'administration française. Une erreur qu'on nous signale est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant de décider quoi que ce soit, parlez à un professionnel qui regardera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.