Les listes de « pays d'Europe les moins taxés » alignent la Bulgarie, Andorre, Monaco, la Suisse, la Géorgie et le Monténégro dans le même tableau, sans jamais dire lesquels sont dans l'Union européenne.
Pour quelqu'un qui veut rester dans le marché intérieur, c'est pourtant la seule distinction qui compte. Et elle réserve une surprise.
Le meilleur d'Europe est dans l'Union
Malte passe devant Andorre et devant la Géorgie. C'est contre-intuitif, parce que le réflexe est de croire qu'il faut sortir de l'Union pour payer moins. Il ne faut pas : il faut savoir où regarder dedans.
Ce que « rester dans l'Union » vous évite
Ce n'est pas une question de sentiment européen, c'est une liste de choses concrètes.
Vous n'avez besoin de personne pour vous installer. Une carte d'identité suffit, il n'y a pas de permis à obtenir, pas de dépôt de garantie, pas de durée de présence minimale imposée par le pays d'accueil. Andorre demande un permis et un dépôt ; le Paraguay demande 120 jours par an ; Chypre ne demande rien de plus qu'un déménagement.
Votre sécurité sociale est coordonnée. Les droits acquis se totalisent d'un pays à l'autre, et il existe un règlement pour dire lequel vous couvre. Hors de l'Union, chaque pays se traite au cas par cas, et une double cotisation devient possible.
Et surtout, l'exit tax. C'est le point que presque aucun article ne traite, et c'est souvent le plus gros chèque du départ.
En France, l'article 167 bis du CGI n'organise pas un paiement en plusieurs fois, mais un sursis de paiement, et il existe en deux versions :
- de plein droit, vers l'Union, l'Espace économique européen, et tout autre État ayant signé avec la France une convention d'assistance administrative et une convention d'assistance au recouvrement. Vous déclarez, vous ne payez rien, vous ne fournissez aucune garantie ;
- sur option, partout ailleurs. Il faut le demander, désigner un représentant fiscal, constituer des garanties à hauteur de l'impôt, et déposer le formulaire au moins 90 jours avant le transfert de domicile.
Un patrimoine de titres important rend cette différence considérable, et elle se joue avant le départ, pas après.
Les trois vraies portes de l'Union
Malte, pour qui vit de son capital
Malte affiche 35 % sur le revenu et 35 % sur les sociétés, et elle occupe le 22e rang avec 8,4 sur 10. L'écart s'explique par sa base : un arrivant y est résident non domicilié, et Malte n'impose jamais une plus-value de source étrangère, même rapatriée. Aucun autre pays de l'Union n'offre cela.
Ce que ça ne couvre pas : un salaire rapatrié reste imposé. Malte est faite pour un rentier, pas pour un salarié. Voyez notre guide.
Chypre, pour qui bouge
Chypre est 33e, et son intérêt n'est pas son barème, qui monte à 35 %. C'est sa règle des 60 jours : on peut y être résident fiscal en n'y passant que soixante jours, à condition de ne pas passer plus de 183 jours dans un même autre pays, et d'avoir sur place une activité et un logement.
Une condition a disparu le 1er janvier 2026 : il fallait aussi n'être résident fiscal d'aucun autre État, ce n'est plus le cas. Le statut de non-domicilié exonère dividendes et intérêts étrangers pendant dix-sept ans. La cotisation santé GESY reste due, 2,65 % plafonnés. Voyez notre guide.
La Bulgarie, pour qui veut simplement un taux bas
La Bulgarie est 44e : 10 % sur le revenu, 10 % sur les sociétés, et l'euro depuis 2026. Il n'y a aucun régime à demander, aucune condition à remplir, aucune durée à respecter. C'est le barème ordinaire, pour tout le monde.
C'est le contraire exact de Malte et de Chypre : pas de finesse, pas de statut, un taux. Pour un salarié ou un indépendant qui veut rester dans l'Union sans monter de dossier, c'est la réponse la plus simple. Voyez notre guide.
Derrière, la Roumanie est 62e et la Hongrie 68e, avec 10 % et 15 % sur le revenu. La Hongrie a la TVA la plus élevée d'Europe, 27 %, ce qui la fait reculer.
Les régimes conditionnels, et pourquoi ils ne comptent pas dans le classement
Plusieurs pays de l'Union offrent un régime d'accueil. Aucun n'entre dans notre score, et ce n'est pas un oubli : un régime conditionnel ne se promet pas.
- Le Portugal, 187e. Le NHR est fermé depuis 2024. L'IFICI qui le remplace vise des métiers listés et exclut les pensions.
- L'Italie, 187e. Forfait de 300 000 € pour un nouveau résident, et 7 % pendant dix ans pour un retraité qui s'installe dans une commune éligible du Sud.
- La Grèce, 193e. 7 % sur quinze ans pour un retraité, forfait de 100 000 € pour un non-domicilié.
- L'Espagne, 203e. La loi Beckham donne 24 % pendant six ans, mais sur les revenus espagnols.
- Les Pays-Bas, 208e, avec le ruling de 30 %, réservé à un salarié recruté à l'étranger.
Un forfait n'entre jamais dans le score non plus : le convertir en taux demanderait de supposer votre revenu, et notre promesse est que le calcul se refasse à la main.
L'autre moitié du tableau
L'Union n'est pas un paradis fiscal. Vingt de ses vingt-sept pays sont dans la moitié basse de notre classement : la France est 195e, l'Allemagne 212e, l'Autriche 213e, le Danemark 216e.
Ce que l'Union offre, ce n'est pas un niveau d'imposition bas, ce sont deux ou trois portes de sortie internes et le droit de les emprunter sans demander la permission.
Et si vous acceptez de sortir
Trois voisins immédiats méritent le détour, à condition de savoir ce que vous perdez :
- Andorre, 25e, 10 % au maximum, à deux heures de Toulouse. Permis et dépôt de garantie exigés.
- Monaco, 60e, zéro sur le revenu, sauf pour les Français, que la convention de 1963 renvoie à l'impôt français.
- La Suisse, 150e. Le forfait existe, à partir d'environ 435 000 CHF de dépense imposable. En dessous de ce niveau, la Suisse est un pays à fiscalité ordinaire, chère à vivre.
Alors, où ?
| Votre situation | Regardez d'abord |
|---|---|
| Vous vivez de votre capital | Malte |
| Vous bougez sans rester nulle part | Chypre, règle des 60 jours |
| Vous voulez un taux bas, sans dossier | Bulgarie, Roumanie |
| Vous êtes salarié et recruté sur place | Pays-Bas, Espagne, si le régime s'applique |
| Vous acceptez de sortir de l'Union | Andorre |
Le classement complet donne les 217 pays, et la page du FiScore explique le calcul. Voyez aussi les meilleurs pays pour s'expatrier.
Sources
Le taux et la base de chaque pays viennent de sa fiche, avec leur source et leur date de vérification. Pour l'exit tax : article 167 bis du CGI. Vérifié en août 2026.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Le sursis de l'exit tax se prépare avant le départ, et un délai de 90 jours ne se rattrape pas : faites-le regarder, comme le disent nos conditions.