L'Espagne est 203e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 3,5 sur 10. Barème jusqu'à 47%, impôt sur les sociétés à 25%, impôt sur la fortune dans plusieurs communautés autonomes : c'est un pays lourdement taxé, plus lourd que la France sur certains points.

Et pourtant des dizaines de milliers de cadres et d'indépendants français s'y installent chaque année. À cause d'un régime qui porte le nom d'un footballeur.

La loi Beckham, en une ligne

Le régime des impatriés, surnommé loi Beckham, permet à un nouveau résident d'être imposé comme un non-résident : un taux forfaitaire sur ses revenus espagnols, et rien en Espagne sur ses revenus étrangers.

Revenu de source espagnole Taux
Jusqu'à 600 000 € 24%
Au-delà de 600 000 € 47%

Le régime dure six exercices fiscaux : l'année d'arrivée et les cinq suivantes.

Vingt-quatre pour cent au lieu d'un barème qui monte à 47%, sur un salaire espagnol, dans un pays à trois heures de train de la frontière : voilà pourquoi ça marche.

La condition qui élimine, et celle qui a été assouplie

Vous ne devez pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des cinq années précédentes. Ce délai était de dix ans avant la loi Startup, qui l'a ramené à cinq. Beaucoup de gens qui avaient vécu en Espagne il y a six ou sept ans sont redevenus éligibles sans le savoir.

Le régime s'est aussi élargi aux nomades numériques et à certaines formes d'entrepreneuriat, alors qu'il visait à l'origine les salariés détachés.

Le conjoint et les enfants de moins de 25 ans peuvent en bénéficier également, ce qui change le calcul pour une famille.

Ce qu'il faut savoir avant de s'enthousiasmer

Aucune déduction. C'est 24% sur le brut. Pas de quotient familial, pas de frais de scolarité, pas de déduction pour enfants. Sur des revenus moyens avec une grande famille, le barème ordinaire peut finir moins cher.

Le seuil de 600 000 € est brutal. Au-delà, c'est 47%, sans progressivité douce. Un dirigeant qui se verse 700 000 € paie 24% sur les premiers 600 000 et 47% sur le reste.

Les revenus étrangers échappent à l'impôt espagnol pendant la période, ce qui est l'autre moitié de l'intérêt, souvent sous-estimée.

Les inconvénients

L'impôt sur la fortune existe dans plusieurs communautés autonomes, avec des règles qui varient énormément d'une région à l'autre. Madrid l'a longtemps neutralisé, d'autres non, et un impôt de solidarité national est venu s'y superposer.

Six ans, c'est court. Après, vous basculez au barème ordinaire, dans l'un des pays les plus taxés d'Europe. Il faut prévoir la sortie dès l'entrée.

Les obligations déclaratives sont lourdes pour les avoirs détenus à l'étranger, avec des sanctions historiquement sévères.

L'administration régionale complique tout : la fiscalité espagnole se joue autant au niveau de la communauté autonome qu'au niveau national.

Alors, l'Espagne, pour qui ?

  • Cadre ou dirigeant recruté par une entreprise espagnole : c'est le profil visé, et 24% est très compétitif.
  • Nomade numérique à revenus élevés : l'élargissement récent ouvre le régime, à vérifier au cas par cas.
  • Personne qui vit de revenus étrangers : intéressant, puisqu'ils échappent à l'impôt espagnol pendant six ans.
  • Famille avec plusieurs enfants et revenus moyens : faites le calcul, l'absence de déduction peut inverser le résultat.
  • Horizon long : attention, six ans passent vite, et l'après est lourd. Regardez le Portugal ou l'Italie.

Avant de partir, côté français

La proximité est un piège classique : l'article 4 B du code général des impôts vous garde résident français si votre foyer ou votre centre des intérêts économiques y reste, et la convention franco-espagnole tranche ensuite. S'ajoute l'exit tax.

Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.

Le tableau complet des taux espagnols est sur notre fiche Espagne.

Sources

Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de l'Agencia Tributaria, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis en Espagne. Une erreur signalée est corrigée.

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