Les deux sont à quelques heures de route de la France, les deux ont une réputation de fiscalité douce, et les deux se retrouvent sur la liste de presque tous les hauts revenus français qui envisagent de partir sans vraiment partir.

Elles ne s'adressent pourtant pas du tout au même profil.

Les chiffres, côte à côte

Andorre Suisse
Rang à notre classement 21e sur 217 145e sur 217
FiScore 8,2 sur 10 4,4 sur 10
Impôt sur le revenu 0 à 10% 0 à 51% selon le canton
Impôt sur les sociétés 10% 11,66 à 20,54%
TVA 4,5% 7,7%

L'écart de classement surprend : 21e contre 145e. Il s'explique. Nos chiffres mesurent le droit commun, et le droit commun suisse est lourd. Ce qui attire en Suisse est un régime dérogatoire, le forfait fiscal, que le classement ne peut pas refléter. Le comparateur donne le détail.

La vraie ligne de partage : travaillez-vous ?

C'est la question qui tranche, et elle n'est pas fiscale au premier abord.

Le forfait fiscal suisse est interdit à qui exerce une activité lucrative en Suisse. Ni emploi, ni mandat, ni direction d'une société suisse. Vous pouvez diriger des affaires ailleurs et vivre en Suisse, mais vous ne pouvez pas y travailler.

L'Andorre, à l'inverse, accueille l'activité. La résidence active suppose précisément d'exercer une activité économique sur place, comme salarié ou à la tête d'une société andorrane à 10%.

Donc : entrepreneur en activité, c'est l'Andorre. Patrimoine constitué sans activité, c'est la Suisse.

Le coût d'entrée

Andorre : le barème s'applique, plafonné à 10%. Pas de ticket d'entrée fiscal. La résidence passive suppose un investissement et un dépôt auprès de l'autorité financière, mais l'impôt lui-même reste proportionnel à ce que vous gagnez.

Suisse : le forfait a un plancher fédéral de 435 000 CHF de base imposable en 2026, et les cantons montent jusqu'à 1 000 000 CHF à Zoug. Appliquez le barème à cette base et vous obtenez plusieurs centaines de milliers de francs d'impôt annuel. Vingt et un cantons le proposent encore, Zurich et Bâle-Ville l'ont supprimé par votation.

Le forfait suisse n'a de sens qu'au-dessus d'un niveau de revenus où l'impôt ordinaire dépasserait ce montant. En dessous, il coûte plus cher que le droit commun andorran, de très loin.

Ce qui compte au-delà du taux

L'Andorre n'est pas dans l'Union européenne, la Suisse non plus. Ni l'une ni l'autre n'offre la libre prestation de services. Pour une activité qui vend beaucoup à des clients européens, les deux posent le même problème, et c'est la Bulgarie ou Chypre qu'il faut regarder.

La Suisse impose la fortune, chaque année, sur le patrimoine net. Le forfait la couvre ; le droit commun non. L'Andorre ne l'impose pas du tout, ni les successions.

Les deux sont chères. La Suisse est le pays le plus cher d'Europe. L'Andorre est petite, l'immobilier y est rare et la demande étrangère forte.

Aucune des deux n'a d'aéroport praticable. Deux à trois heures de route de montagne pour l'Andorre, un aéroport suisse à distance raisonnable selon le canton.

Le verdict, par profil

  • Entrepreneur en activité, revenus élevés : Andorre. Dix pour cent, et vous avez le droit de travailler.
  • Patrimoine très important, plus d'activité professionnelle : Suisse, au forfait, qui couvre aussi la fortune.
  • Investisseur en titres : Suisse, où les plus-values privées ne sont pas imposées, ce qui est rare.
  • Transmission : Andorre, sans droits de succession.
  • Revenus confortables mais pas exceptionnels : Andorre. Le forfait suisse est hors de portée et le droit commun suisse est lourd.

Nos guides complets : Andorre et le forfait suisse. Et la proximité est un piège : nos quatre questions avant de partir expliquent pourquoi.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Chiffres vérifiés en août 2026, voir nos conditions d'utilisation.