L'Andorre est 21e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 8,2 sur 10. C'est la fiscalité la plus légère d'Europe occidentale, à trois heures de Toulouse et deux de Barcelone.

Ce n'est plus un paradis fiscal au sens ancien du terme : la principauté a créé un impôt sur le revenu en 2015, signé des conventions et rejoint l'échange automatique d'informations. Ce qu'elle a gardé, c'est un plafond bas.

Le barème, et son plafond à 10%

Revenu imposable Taux (IRPF)
Jusqu'à 24 000 € 0%
De 24 000 à 40 000 € 5%
Au-delà de 40 000 € 10%

Dix pour cent, et ça s'arrête là. Il n'y a pas de tranche supérieure. Quelqu'un qui déclare 60 000 € et quelqu'un qui déclare 3 millions paient le même taux marginal.

C'est toute la différence avec la France, où le barème monte à 45% avant prélèvements sociaux, ou avec l'Espagne voisine.

Les sociétés, et le reste

L'impôt sur les sociétés est à 10%, dès le premier euro de bénéfice, sans tranche réduite ni seuil.

L'IGI, l'équivalent andorran de la TVA, est à 4,5% au taux général, l'un des plus bas d'Europe. Certaines opérations relèvent de taux différents, de 0% à 9,5%.

Et surtout, ce que l'Andorre ne prend pas :

  • pas d'impôt sur la fortune ;
  • pas de droits de succession ni de donation.

Pour un patrimoine constitué, c'est souvent ce dernier point qui pèse le plus lourd dans la décision, davantage que le taux sur le revenu.

Résidence active ou résidence passive

Deux voies mènent à la résidence andorrane, et elles ne s'adressent pas aux mêmes profils.

La résidence active suppose d'exercer une activité économique sur place, comme salarié ou à la tête d'une société andorrane. C'est la voie de l'entrepreneur qui déplace vraiment son activité.

La résidence passive s'adresse à qui vit de son patrimoine sans travailler en Andorre. Elle suppose un investissement dans la principauté et un dépôt auprès de l'autorité financière andorrane, dont les montants et les conditions évoluent : renseignez-vous sur les chiffres en vigueur au moment où vous montez le dossier, plutôt que sur un article, celui-ci compris.

Dans les deux cas, la résidence fiscale suppose une présence réelle, à partir de 183 jours par an.

Les inconvénients, et ils sont réels

L'Andorre n'est pas dans l'Union européenne. Ce n'est pas un détail : votre société andorrane ne bénéficie pas de la libre prestation de services, ni des directives européennes sur les dividendes entre sociétés liées. Pour une activité qui vend à des clients européens, ça se travaille.

Le pays est petit et enclavé. 468 km², pas d'aéroport, pas de train. Toulouse ou Barcelone sont à deux ou trois heures de route de montagne, parfois enneigée.

Les banques sont peu nombreuses et exigeantes. Ouvrir un compte demande un dossier solide sur l'origine des fonds, et le nombre d'établissements se compte sur les doigts d'une main.

L'échange d'informations est automatique. Votre compte andorran est déclaré à votre pays d'origine. La principauté a signé la convention avec la France en 2015 : la discrétion d'avant n'existe plus.

Le logement est cher et rare, sous l'effet d'une demande étrangère forte sur un territoire minuscule.

Alors, l'Andorre, pour qui ?

  • Entrepreneur avec une activité déplaçable et des clients hors UE : excellent rapport taux/proximité.
  • Haut revenu qui veut rester en Europe et près de la France : c'est l'argument principal, le plafond à 10%.
  • Patrimoine important à transmettre : l'absence de droits de succession pèse lourd.
  • Activité qui vend beaucoup de services dans l'UE : à étudier de près, l'absence d'appartenance à l'Union complique.
  • Quelqu'un qui a besoin d'une grande ville au quotidien : non, ce n'est pas le bon endroit.

Avant de partir, côté français

L'article 4 B du code général des impôts vous garde résident français si votre foyer ou votre centre des intérêts économiques y reste, même en dessous de 183 jours ailleurs. La convention franco-andorrane tranche ensuite, mais après un contrôle. S'y ajoute l'exit tax sur les participations importantes.

La proximité géographique est ici un piège autant qu'un atout : un résident andorran qui garde sa famille, son cabinet ou ses habitudes à Toulouse offre à l'administration exactement les éléments qu'elle cherche.

Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.

Le tableau complet des taux andorrans est sur notre fiche Andorre, et le comparateur les met en face d'un autre pays.

Sources

Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de l'administration andorrane, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis dans la principauté. Une erreur signalée est corrigée.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.