La Suisse est 145e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 4,4 sur 10. Un barème sur le revenu qui monte à 51% en cumulé, un impôt sur la fortune que la France a supprimé : sur nos critères, la Suisse est un pays lourdement taxé.

Elle reste pourtant l'une des destinations les plus recherchées par les contribuables français. Pour une raison que nos taux ne peuvent pas montrer : le forfait fiscal.

Les taux ordinaires, d'abord

Impôt Taux
Revenu (fédéral, cantonal, communal cumulés) 0 à 51%
Sociétés 11,66 à 20,54% selon le canton
TVA 7,7%

Deux choses à retenir. L'impôt sur le revenu dépend énormément du canton et même de la commune : entre Zoug et Genève, l'écart se compte en dizaines de points. Et l'impôt sur les sociétés est très compétitif, entre 11,66% et 20,54%, ce qui explique la densité de sièges sociaux.

À cela s'ajoute un impôt sur la fortune, cantonal, prélevé chaque année sur le patrimoine net. Il est modeste en taux, mais il porte sur le stock et non sur le flux.

En revanche, les plus-values privées sur titres ne sont pas imposées pour un investisseur qui gère son propre patrimoine. C'est un avantage considérable que peu de pays offrent.

Le forfait fiscal, le vrai sujet

L'imposition d'après la dépense, appelée forfait fiscal, permet à un étranger qui s'installe en Suisse d'être imposé non pas sur ses revenus, mais sur son train de vie.

Le principe : la base imposable est le plus élevé de ces deux montants :

  • sept fois la valeur locative de votre logement suisse ;
  • vos dépenses mondiales réelles, pour vous et votre famille.

Cette base est ensuite soumise au barème ordinaire. Vos revenus étrangers, votre fortune mondiale, vos dividendes : rien de tout cela n'est déclaré ni imposé en tant que tel.

Les planchers de 2026 :

Niveau Base minimale
Fédéral 435 000 CHF
Cantonal jusqu'à 1 000 000 CHF (Zoug)

Vingt et un cantons proposent encore le forfait. Zurich et Bâle-Ville l'ont supprimé par votation populaire, et le sujet revient régulièrement dans le débat suisse.

La condition qui élimine la plupart des candidats

Vous ne devez exercer aucune activité lucrative en Suisse.

Ni emploi, ni mandat, ni gestion d'une société suisse. Vous pouvez diriger des affaires à l'étranger et vivre en Suisse, mais vous ne pouvez pas travailler en Suisse.

Le forfait n'est donc pas un régime d'entrepreneur. C'est un régime de patrimoine constitué : retraité fortuné, personne qui a vendu son entreprise, rentier international.

Et il faut faire le calcul. Un forfait à 435 000 CHF de base imposable coûte, selon le canton, plusieurs centaines de milliers de francs par an. En dessous d'un certain niveau de revenus, l'imposition ordinaire est moins chère.

Les inconvénients

Le coût de la vie est le plus élevé d'Europe, sans comparaison possible.

Le forfait se négocie canton par canton, il n'est pas de droit. Il faut un dossier, un accord préalable, et le canton peut refuser.

La stabilité politique du régime n'est pas acquise. Deux cantons l'ont déjà supprimé par votation, et une initiative fédérale a été rejetée de peu en 2014.

L'immobilier est rare et réglementé pour les étrangers, avec des restrictions cantonales à l'achat.

L'échange d'informations est automatique depuis 2018. Le secret bancaire suisse, tel qu'on l'imaginait, n'existe plus pour un résident français.

Alors, la Suisse, pour qui ?

  • Patrimoine important, sans activité professionnelle : le forfait est fait pour vous, et c'est l'un des rares régimes qui couvre aussi la fortune.
  • Entrepreneur qui veut continuer à travailler : pas de forfait. Regardez l'imposition ordinaire, qui reste intéressante dans les cantons à faible fiscalité.
  • Investisseur en titres : l'exonération des plus-values privées est un argument fort, indépendamment du forfait.
  • Revenus moyens : la Suisse coûte cher à vivre et le forfait n'est pas accessible. L'intérêt est faible.

Avant de partir, côté français

La proximité est un piège classique. L'article 4 B du CGI vous garde résident français si votre foyer ou votre centre des intérêts économiques y reste, et un résident suisse qui garde sa famille, son cabinet ou ses habitudes à Annecy offre à l'administration exactement ce qu'elle cherche. La convention franco-suisse tranche ensuite, mais après contrôle. S'ajoute l'exit tax.

Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.

Le tableau complet des taux suisses, canton par canton, est sur notre fiche Suisse.

Sources

Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de l'Administration fédérale des contributions, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis en Suisse. Une erreur signalée est corrigée.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.