La Serbie est 66e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 6,1 sur 10. Un barème de 10 à 20%, un impôt sur les sociétés à 15%, une TVA à 20%. Rien de spectaculaire.
Ce qui attire les indépendants, c'est autre chose : un régime où l'on paie un montant fixe chaque mois, quel que soit le chiffre d'affaires.
Le forfait, et pourquoi il change la donne
Le régime dit paušal s'adresse à l'entrepreneur individuel. L'administration fiscale fixe une cotisation mensuelle, impôt et charges sociales compris, à partir de l'activité déclarée et de la commune d'exercice.
Ce montant ne dépend pas de ce que vous facturez. Pas de comptabilité de résultat, pas de calcul en fin d'année.
Pour un profil informatique ou conseil à Belgrade, il se situe couramment entre 30 000 et 60 000 dinars par mois, soit à peu près 250 à 500 €.
Le plafond d'accès est de 6 millions de dinars de chiffre d'affaires annuel, environ 51 000 €. Il est inchangé pour 2026, et le modèle a été prolongé jusqu'à fin 2027.
Faites le calcul : à 50 000 € facturés, une charge annuelle de 3 000 à 6 000 € représente un taux effectif de 6 à 12%, cotisations sociales comprises. C'est parmi les meilleurs rapports d'Europe pour un indépendant.
Attention à ne pas confondre deux seuils : celui du forfait est à 6 millions de dinars, celui de l'assujettissement à la TVA est à 8 millions.
Le test d'indépendance, qui peut tout annuler
Voici ce qu'il faut lire avant de s'enthousiasmer.
La Serbie applique un test d'indépendance à neuf critères, destiné à repérer l'indépendant qui n'est en réalité que le salarié déguisé d'un donneur d'ordre unique.
Les critères regardent des choses concrètes : qui fixe les horaires, qui fournit les locaux et le matériel, si plus de 70% du revenu vient d'un seul client sur douze mois, si vous supportez un risque d'entreprise, si votre contrat vous interdit de travailler pour d'autres.
En remplir cinq sur neuf suffit à faire requalifier en salaire le revenu tiré de ce client. Suivent le rappel d'impôt, les intérêts de retard et l'amende, pour une charge effective de 50 à 60%.
Deux ou trois critères remplis ne posent en général pas de problème. C'est l'accumulation qui déclenche.
Le profil le plus exposé est exactement celui que le régime attire : le développeur qui travaille à temps plein pour un seul client étranger, avec ses horaires et son matériel. Diversifier ses clients n'est pas un conseil de prudence commerciale, c'est ici une question fiscale.
Devenir résident serbe
La résidence fiscale s'acquiert par 183 jours de présence sur douze mois, ou par le centre des intérêts vitaux. Le permis de séjour temporaire s'obtient couramment par la création de l'entreprise elle-même.
La Serbie n'est ni dans l'Union européenne, ni dans l'Espace économique européen. Deux conséquences pratiques : le sursis d'exit tax n'y est pas automatique, et l'accès au marché unique se fait par accord d'association, pas de plein droit.
Les inconvénients
Le forfait est un régime pour petits volumes. Au-delà de 51 000 €, on bascule vers la comptabilité réelle et l'avantage se dilue.
La monnaie n'est pas l'euro. Le dinar est géré de façon assez stable face à l'euro, mais il faut le savoir.
L'administration se pratique en serbe. Un comptable local n'est pas facultatif, il fait partie du coût du régime.
Le pays n'est pas dans l'Union, ce qui pèse sur la mobilité et sur certains contrats.
Alors, la Serbie, pour qui ?
- Un indépendant qui facture entre 30 000 et 51 000 €, à plusieurs clients : c'est le cœur de cible, et l'un des meilleurs rapports d'Europe.
- Un salarié déguisé en freelance : le test d'indépendance est fait pour vous et il coûte cher.
- Un revenu au-delà de 51 000 € : regardez la Bulgarie à 10% ou la Roumanie, qui n'ont pas de plafond de ce type.
- Quelqu'un qui veut rester dans l'Union : la Serbie n'y est pas, et cela se règle avant le départ, pas après.
Avant de partir, côté français
Nos quatre questions avant de s'expatrier et devenir non-résident couvrent ce qu'il faut régler côté français.
Le tableau complet est sur notre fiche Serbie.
Sources
Règles vérifiées en août 2026 auprès de l'administration fiscale serbe et de cabinets serbes publiant sur le forfait et sur le test d'indépendance. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Le test d'indépendance se juge sur des faits, pas sur un contrat : faites relire votre situation par un comptable serbe avant de signer, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.