Madère est 151e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 4,4 sur 10. C'est une région autonome du Portugal, à 500 kilomètres du Maroc, et elle possède quelque chose que le continent portugais n'a pas : un impôt sur les sociétés à 5%.

Il y a une date à retenir, et elle approche.

Le Centre international d'affaires de Madère

Le CINM est une zone franche créée avec l'accord de la Commission européenne, pas un montage exotique. Les sociétés qui y sont licenciées bénéficient d'un impôt sur les sociétés de 5%, contre plus de 20% sur le continent portugais.

La date qui compte : le régime a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2033, mais uniquement pour les entités licenciées avant le 31 décembre 2026. Passé cette date d'entrée, la porte se referme, au moins jusqu'à une nouvelle prolongation qui n'est pas acquise.

Autrement dit, il reste quelques mois pour entrer, et huit ans pour en profiter.

Les conditions, qui sont réelles

C'est un régime européen, donc contrôlé, et la substance n'est pas une formalité.

Créer des emplois réels à Madère. Pas une adresse, des personnes.

Un investissement minimum dans la région.

Une activité réellement exercée sur place, avec une structure d'entreprise adéquate et de quoi le prouver à l'administration fiscale portugaise.

Les avantages sont en outre plafonnés : ils ne peuvent excéder 15,1% du chiffre d'affaires réalisé à Madère, 20,1% de la valeur ajoutée brute générée sur place, ou 30,1% des coûts salariaux supportés dans la région, selon le plafond retenu.

Ces plafonds sont la clé du dispositif. Une société sans salariés et sans activité locale ne tire rien du 5%, parce que le plafond la ramène à zéro avantage.

Ce que ça donne en pratique

Le CINM fonctionne pour une entreprise qui installe vraiment une partie de son activité à Madère : une équipe, des bureaux, des décisions prises sur place.

Il ne fonctionne pas pour une société de facturation sans personne. Ce n'était déjà pas le cas avant les règles de substance ; ça l'est encore moins depuis.

Vivre à Madère

Distinct de la question sociétaire : l'île est devenue une destination de télétravail reconnue, avec un village numérique créé pour l'accueillir, un climat stable toute l'année, et un coût de la vie inférieur à Lisbonne.

Côté fiscalité personnelle, Madère applique le régime portugais, avec des taux légèrement réduits sur certaines tranches. Cela veut dire que le NHR est fermé ici comme ailleurs depuis le 1er janvier 2025, et que l'IFICI s'applique dans les mêmes conditions. Nous détaillons cela dans notre article sur le Portugal.

Les inconvénients

L'échéance de fin 2026 pour entrer dans le régime, qui met la pression sur le calendrier.

Les conditions de substance, qui excluent les structures légères et représentent un coût réel.

L'insularité : une seule liaison majeure, l'aéroport de Funchal réputé difficile, et tout ce qui vient par bateau.

Le foncier est contraint, l'île étant petite et très escarpée.

Alors, Madère, pour qui ?

  • Entreprise qui installe une équipe sur place : 5% jusqu'en 2033, c'est l'un des meilleurs régimes d'Europe, et il est parfaitement légitime.
  • Télétravailleur : bon cadre de vie, mais la fiscalité personnelle est celle du Portugal, sans plus.
  • Société de facturation sans salariés : les plafonds annulent l'avantage. Ce n'est pas fait pour vous.
  • Quelqu'un qui hésite : la date d'entrée du 31 décembre 2026 tranche le calendrier, pas la décision.

Avant de partir, côté français

Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent les points à régler.

Le tableau complet des taux de Madère est sur notre fiche Madère.

Sources

Chiffres et dates vérifiés en août 2026 auprès du Centre international d'affaires de Madère, du budget portugais 2026 et de cabinets établis à Funchal. Une erreur signalée est corrigée.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.