Le Luxembourg est 181e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 3,9 sur 10. Le barème personnel monte à près de 46%, l'impôt sur les sociétés dépasse 23%, et la TVA à 17% est la seule vraie douceur du tableau.

Ce n'est pas un paradis fiscal. C'est une place financière, et ce n'est pas la même chose.

Ce que le Luxembourg n'est pas

Il faut le dire d'emblée, parce que la réputation dit le contraire.

Pour un salarié ordinaire, le Luxembourg taxe lourdement. Le barème est progressif et atteint des niveaux comparables à ceux de la France, avec des cotisations sociales en plus.

Ce qui a fait la fortune du pays, c'est l'ingénierie pour les structures : holdings, fonds d'investissement, véhicules de titrisation, régimes de propriété intellectuelle. C'est un métier, et ce n'est pas un sujet d'expatriation individuelle.

Le régime des impatriés, refait en 2025

Voici ce qui concerne réellement une personne qui envisage de s'installer.

Depuis le 1er janvier 2025, le régime des impatriés a été entièrement refondu. L'ancien système, qui remboursait certains frais, a été remplacé par un mécanisme beaucoup plus simple :

50% de la rémunération brute annuelle éligible est exonérée d'impôt, dans la limite d'une base de 400 000 € par an.

Condition Seuil
Salaire annuel de base minimum 75 000 € hors avantages
Temps de travail au Luxembourg au moins 75%
Durée l'année d'arrivée, puis 8 années

Un salarié qui arrive en 2025 en bénéficie donc jusqu'en 2033.

La moitié de votre salaire exonérée, sur une base pouvant aller jusqu'à 400 000 €, dans un pays au barème lourd : l'écart est considérable, et il explique une bonne part des recrutements internationaux de la place.

Les conditions qui éliminent

Le seuil de 75 000 € met le régime hors de portée de la plupart des postes. C'est un dispositif pour cadres et spécialistes, pas pour tout le monde.

Les 75% de temps de travail au Luxembourg excluent les organisations très mobiles, et supposent une présence réelle et documentée.

Ce n'est pas un régime pour indépendants ou rentiers. Il vise le salarié impatrié, recruté ou détaché.

Les inconvénients

Le logement est en crise. Les prix à Luxembourg-ville comptent parmi les plus élevés d'Europe, et une grande partie des salariés vivent en France, en Belgique ou en Allemagne et traversent la frontière chaque jour.

Cette frontière est précisément le piège : un frontalier reste résident fiscal de son pays de résidence, avec des règles de jours travaillés à l'étranger qui font régulièrement l'objet de contentieux.

Le pays est petit et la vie sociale y est réputée fermée pour ceux qui ne sont pas dans les milieux professionnels concernés.

Alors, le Luxembourg, pour qui ?

  • Cadre ou spécialiste recruté au-dessus de 75 000 € : le régime des impatriés est l'un des plus généreux d'Europe, et huit ans, c'est long.
  • Structure de détention ou fonds : c'est le métier de la place, et cela relève d'un conseil spécialisé, pas d'un choix d'expatriation.
  • Salarié sous le seuil : aucun avantage, et une fiscalité lourde.
  • Indépendant ou rentier : regardez ailleurs, l'Irlande ou Chypre selon votre situation.

Avant de partir, côté français

L'article 4 B du CGI et la convention franco-luxembourgeoise décident ensemble. Le cas frontalier mérite une attention particulière, parce qu'il concerne des dizaines de milliers de personnes et qu'il est régulièrement contesté.

Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent le reste.

Le tableau complet des taux luxembourgeois est sur notre fiche Luxembourg.

Sources

Chiffres et règles vérifiés en août 2026 auprès de l'Administration des contributions directes luxembourgeoise, de guichet.lu et de PwC Tax Summaries. Une erreur signalée est corrigée.

Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.