Le Japon est 210e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 3,2 sur 10. Le barème combiné national et local monte à près de 56%. Personne ne s'expatrie au Japon pour la fiscalité.
Sauf que pendant cinq ans, un étranger au Japon n'est pas imposé comme un Japonais. Et presque personne ne l'explique.
Trois statuts, pas deux
La plupart des pays connaissent deux situations : résident ou non-résident. Le Japon en a trois.
| Statut | Ce qui est imposé |
|---|---|
| Non-résident | revenu de source japonaise uniquement |
| Résident non permanent | source japonaise, plus le revenu étranger versé ou rapatrié au Japon |
| Résident permanent au sens fiscal | revenu mondial |
Le statut du milieu est celui de tout étranger ayant eu domicile ou résidence au Japon cinq ans ou moins au cours des dix dernières années.
Attention au vocabulaire : « résident permanent » désigne ici une situation fiscale, sans rapport avec le titre de séjour du même nom.
Ce que le statut intermédiaire permet
Vos revenus étrangers ne sont imposés au Japon que dans la mesure où ils y sont versés ou rapatriés.
Un loyer perçu en France et laissé sur un compte français n'entre pas dans l'assiette japonaise. Des dividendes réinvestis sur un compte étranger non plus.
Le mécanisme précis mérite d'être compris, parce qu'il n'impose pas le virement lui-même : le montant imposable est le plus petit des deux, entre le revenu étranger de l'année et la somme rapatriée dans l'année.
Autrement dit, rapatrier de l'épargne ancienne ne crée pas d'impôt en soi, mais tout virement de l'année est présumé provenir du revenu étranger de l'année tant qu'il y en a. Il faut donc suivre ses flux, pas se contenter d'une intention.
L'impôt de sortie, et pourquoi il ne vous concerne probablement pas
Le Japon a instauré en 2015 un impôt de départ : 15,315% sur les plus-values latentes des actifs financiers à partir de 100 millions de yens, pour qui a résidé cinq ans sur les dix précédentes.
Voici le point que presque aucune source française ne donne : il ne vise que les titulaires d'un visa dit du tableau 2, c'est-à-dire conjoint de Japonais, résident permanent, résident de longue durée. Le temps passé sous un visa de travail du tableau 1 n'entre pas dans le décompte des cinq ans.
Un ingénieur, un cadre, un enseignant sous visa de travail peut donc rester dix ans au Japon et repartir sans impôt de sortie.
Les successions, le vrai piège du long terme
Le Japon a des droits de succession parmi les plus lourds du monde, jusqu'à 55%, et il les applique en principe au patrimoine mondial.
Là encore, le visa décide. Les avoirs situés hors du Japon d'un étranger sous visa du tableau 1 présent depuis moins de dix ans sont hors du champ de l'impôt japonais sur les successions et les donations.
Prendre la résidence permanente change ce statut. C'est une décision de confort de séjour qui a une conséquence patrimoniale majeure, et elle se prend souvent sans y penser.
Ce qu'il faut retenir dans l'ordre
- Les cinq premières années sont un régime de remise, à utiliser en gardant ses revenus étrangers à l'étranger.
- La nature du visa compte plus que la durée pour l'impôt de sortie et pour les successions.
- Le basculement vers le régime mondial est automatique et silencieux. Personne ne vous préviendra.
- Passer résident permanent est une décision fiscale autant qu'administrative.
Avant de partir, côté français
La convention franco-japonaise règle les doubles impositions, mais elle ne décide pas de votre résidence. Voir devenir non-résident et ce qu'on paie encore en France après le départ.
Le tableau complet est sur notre fiche Japon.
Sources
Règles vérifiées en août 2026 auprès de PwC Worldwide Tax Summaries, du JETRO et de cabinets japonais publiant sur le statut de résident non permanent. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Le statut de résident non permanent se perd sans prévenir : faites-le vérifier par un fiscaliste japonais avant votre cinquième année, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.