L'Île Maurice est 55e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 6,5 sur 10. Une île de l'océan Indien, francophone, à onze heures de Paris, avec une fiscalité légère et une réputation solide.
Une chose a changé récemment, et beaucoup de pages ne l'ont pas intégrée.
La flat tax à 15% n'existe plus telle quelle
C'était l'argument de vente pendant des années : un taux unique de 15% sur le revenu, pour tout le monde.
Depuis le 1er juillet 2025, Maurice est passée à un barème progressif. Les premières 500 000 roupies ne sont pas imposées, puis les paliers montent. Le taux unique a disparu.
S'ajoute, depuis le budget 2025-2026, une contribution « Fair Share » de 15% sur les revenus dépassant 12 millions de roupies, soit environ 265 000 dollars. Pour les très hauts revenus, le taux marginal effectif approche donc 35%, ce qui n'a plus rien à voir avec l'image de l'île.
Autrement dit : Maurice reste douce pour les revenus moyens, et s'est nettement durcie pour les très élevés.
Ce que Maurice ne prend pas
Le reste du tableau garde son intérêt, et c'est là que se joue l'attrait réel :
- pas d'impôt sur les plus-values, mobilières comme immobilières ;
- pas de droits de succession entre résidents fiscaux ;
- pas d'impôt sur la fortune ;
- impôt sur les sociétés à 15%, avec des régimes réduits selon l'activité.
Pour un patrimoine constitué, l'absence de droits de succession pèse souvent plus lourd dans la décision que le taux sur le revenu.
Le Premium Visa, et son piège
Maurice propose un Premium Visa d'un an renouvelable, ouvert à qui justifie d'au moins 1 500 dollars par mois de revenus étrangers. C'est peu, et c'est ce qui en fait l'un des titres de séjour les plus accessibles au monde.
La condition qui compte est ailleurs, et elle est stricte : l'argent ne doit pas entrer à Maurice pour rester hors du champ de l'impôt mauricien. Un télétravailleur qui vit sur place en rapatriant ses revenus n'est plus dans le dispositif.
Comme toujours avec les régimes de remise, la mécanique fonctionne, mais elle se tient. Elle ne s'improvise pas.
Les inconvénients
C'est loin. Onze heures de vol de Paris, avec un décalage horaire modéré mais une distance qui rend les allers-retours familiaux coûteux.
Le coût de la vie a monté, surtout dans les zones résidentielles ouvertes aux étrangers, où l'immobilier se vend à des niveaux européens.
L'accès à la propriété est encadré : un étranger achète dans des programmes agréés, pas librement.
Le réseau bancaire est correct mais scruté. Maurice a longtemps servi de plateforme pour les investissements vers l'Inde et l'Afrique, ce qui lui vaut une attention particulière des administrations fiscales.
Un cyclone par an, en moyenne, entre novembre et avril.
Alors, Maurice, pour qui ?
- Retraité avec une pension privée : bon compromis, d'autant que l'absence de droits de succession sert la transmission.
- Entrepreneur avec une activité tournée vers l'Afrique ou l'Asie : Maurice est un point d'appui reconnu, avec 46 conventions fiscales.
- Télétravailleur : le Premium Visa est accessible, à condition de tenir la règle de non-rapatriement.
- Très hauts revenus : l'intérêt a fondu depuis 2025, avec la contribution Fair Share. Regardez plutôt les Émirats ou Chypre.
Avant de partir, côté français
L'article 4 B du code général des impôts vous garde résident français si votre foyer ou votre centre des intérêts économiques y reste. La convention franco-mauricienne tranche ensuite. S'ajoute l'exit tax sur les participations importantes.
Nos quatre questions avant de s'expatrier détaillent ces points.
Le tableau complet des taux mauriciens est sur notre fiche Île Maurice.
Sources
Chiffres vérifiés en août 2026 auprès de la Mauritius Revenue Authority, de PwC Tax Summaries et de cabinets établis sur l'île. Une erreur signalée est corrigée.
Cette page informe, elle ne conseille pas. Avant toute décision, consultez un professionnel qui examinera votre situation, comme le rappellent nos conditions d'utilisation.