Macao est 11e sur 217 à notre classement mondial, avec un FiScore de 9 sur 10. C'est l'un des tout premiers, devant Malte, devant Chypre, devant Singapour.
Et pourtant vous n'y vivrez probablement jamais. C'est le sujet de cet article, parce qu'un classement qui ne dirait pas ça serait un classement trompeur.
L'impôt, qui est excellent
| Impôt | Ce que Macao prend |
|---|---|
| Revenu (impôt professionnel) | barème progressif, plafonné à 12% |
| Franchise annuelle | les premiers 144 000 MOP ne sont pas imposés |
| Sociétés | 12% |
| TVA | aucune |
| Revenus de source étrangère | hors assiette |
Macao est territoriale : seul ce qui est gagné à Macao entre dans l'assiette. Un résident qui vit de revenus venus d'ailleurs ne déclare rien sur eux, quelle que soit la somme, qu'il les rapatrie ou non. C'est la même règle qu'à Hong Kong, à quarante minutes de ferry, mais sans TVA et avec un plafond à 12% au lieu de 17%.
Sur le papier, c'est l'une des fiscalités les plus douces du monde développé.
La porte, qui est fermée depuis 2007
Voici ce que les pages qui vendent Macao ne disent pas.
La résidence par investissement immobilier n'accepte plus un seul dossier depuis le 4 avril 2007. Le gouvernement a suspendu le dispositif à cause de la surchauffe immobilière, et la suspension tient toujours en 2026. Dix-neuf ans.
Il reste trois voies, et aucune n'est ouverte au particulier ordinaire :
- Le plan d'investissement majeur, instruit au cas par cas par l'IPIM. Les montants évoqués tournent autour de 15 millions de patacas, sans que nous ayons trouvé de texte officiel les fixant. Ce n'est pas un guichet, c'est un dossier négocié.
- La compétence rare, pour des profils que Macao cherche activement. Même logique : c'est le territoire qui décide qu'il vous veut.
- Le travail, et c'est là que se trouve le piège principal.
Le « blue card » n'est pas une résidence
C'est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher à qui la fait.
Le blue card est une autorisation de travailleur non résident. Elle est liée à un employeur, à un poste et à un lieu de travail précis, valable un à deux ans, et elle tombe avec le contrat. Elle ne donne pas de statut de résident, elle n'ouvre aucun droit permanent, et elle ne compte pas comme les autres pour la suite.
Le droit de séjour permanent demande sept ans de résidence effective. Sept ans pendant lesquels votre statut dépend d'un employeur.
Alors pour qui
Pour trois profils, et il faut être franc sur leur étroitesse :
- celui que Macao recrute, dans le jeu, l'hôtellerie de luxe, la finance ou la santé, et qui accepte sept ans de dépendance à un employeur ;
- celui qui investit à un niveau institutionnel, et qui a de toute façon des conseils ;
- celui qui a déjà un lien, familial ou par la résidence chinoise.
Pour tous les autres, Macao est une excellente fiscalité derrière une porte close, et Hong Kong juste à côté offre une territorialité comparable avec une immigration qui, elle, existe.
Ce qu'il faut retenir
Un très bon score fiscal ne dit rien de l'accessibilité, et notre classement ne prétend pas le contraire : il mesure ce qu'un pays prend, pas s'il vous laisse entrer. Macao est le cas d'école. Avant de regarder un taux, regardez la porte.
Sources
- Imposition territoriale, barème plafonné à 12% et franchise : PwC Worldwide Tax Summaries, Macau SAR
- Suspension de la résidence par investissement immobilier depuis le 4 avril 2007 : IPIM, Macau Business
- Nature du blue card et durée de validité : Acclime Macau